Bienvenue dans votre espace de bien-être
Ici, chaque respiration est une occasion de se reconnecter à soi-même, chaque posture un pas vers un meilleur équilibre, et chaque instant un moment précieux consacré à votre bien-être.
Que vous soyez débutant, pratiquant régulier ou simplement curieux de découvrir les bienfaits du yoga, vous trouverez des conseils, des pratiques, des inspirations et des ressources pour vous accompagner à chaque étape de votre parcours. Yoga prénatal, yoga thérapeutique, méditation, respiration, relaxation ou développement personnel… chaque article est pensé pour vous aider à cultiver une vie plus sereine, plus consciente et plus harmonieuse.
Respirez profondément… votre voyage vers le bien-être commence ici.
Le yoga est une invitation à ralentir, à respirer pleinement et à retrouver l'harmonie entre le corps, le cœur et l'esprit.
19/02/2023

En effet ce yoga tente d'explorer les terres restées encore vierges de notre inconscient. Il cherche à bâtir un phare sur les côtes lointaines de notre monde de veille pour y éclairer l'océan de nos rêves. Mieux encore il nous embarque sur des navires de haute mer en partance pour nos nuits les plus profondes.
L'espoir et l'envie de la découverte étant les plus forts, l'adepte au Yoga Nidrâ s'éloigne de la terre ferme et de ses attaches familières pour aller chercher les secrets les plus intimes de l'être. Ils sont parmi les plus jalousement gardés, les plus extravagants et les plus incroyables aussi. Dans ce vaste champ empreint d'une douce torpeur, dans ce sommeil paradoxal, l'espace et le temps se confondent volontiers pour s'ouvrir sur une autre dimension.
Au fur et à mesure que la côte du monde connu s'éloigne, le yogi voyage résolument dans un monde devenu onirique et son exploration devient irrémédiablement celle de sa propre mémoire. En ce sens le Yoga Nidrâ est une formidable machine à remonter le temps, une quête de notre état originel. Chaque voyage entrepris consciemment à l'intérieur de ce nouvel espace-temps est comme de la mémoire qui s'actualise, une partie de notre être le plus profond qui se dévoile, enfin autant de connaissances magiques qui se « rêvèlent ».
Le Yoga Nidrâ signifie le yoga du sommeil. Il s'agit, ne nous trompons pas d'un yoga royal, d'un véritable couronnement de toute une vie de pratiques.

Différentes techniques permettent d'entreprendre ce formidable voyage intérieur :
En premier lieu, il convient de préparer sa nuit pendant la journée. Comme on fait son lit, on se couche. Il faut répéter des exercices de concentrations particuliers qui devront être rejoués pendant la nuit. Les postures sont également les bienvenues, elles augmentent le niveau d'énergie et la fréquence vibratoire. Les exercices de prânayama sont également très utiles, ils chercheront à inscrire la légèreté ainsi qu'à préparer un souffle subtil durant le sommeil.
En deuxième lieu, il faut fragmenter sa nuit en plusieurs phases d'endormissement et de réveils. Certains exercices ultimes préconisent de dormir à terre sur un simple tapis, pour rendre le sommeil plus précaire. Enfin, pendant ces nuits, il convient d'étendre le plus largement possible la frontière ténue entre l'endormissement conscient et le sommeil lui-même. Cette interpénétration entre le sommeil inconscient et l'exercice de la conscience donne la part belle à celle du rêve. Les rêves doivent devenir plus prégnants, plus vivants. Il est alors possible d'obtenir un premier succès dans cette voie : il s'agit de devenir conscient dans son rêve sans pour autant se réveiller ni faire cesser le cours du rêve. Recouvrant la pleine conscience le yogi se « réveille » dans son propre rêve sachant parfaitement qu'il rêve. Cela est prodigieux et ajoute un plaisir immense au rêve. Le yogi expérimente une liberté nouvelle, celle d'être conscient dans son rêve.
Plus loin encore dans cet exercice il est possible de contacter à distance des personnes connues, des personnes défuntes ou des divinités magiques. Il est très difficile d'expliquer cela, mais le yoga des rêves sans conteste permet de voyager au sein de Buddhi appelé aussi Mahat ou le Grand Principe. Il s'agit du premier tattva impersonnel dans la hiérarchie du système énergétique de la Kundalini. Dans cette sphère règne une énergie affective intense. Elle est principalement activée par les résidus karmiques des actes accomplis sur terre. Ce champ d'investigation reste sujet à caution, mais pour le yogi qui expérimente le sommeil conscient il est tout aussi réel que le monde de veille. Plutôt que d'en parler et de spéculer, il convient plutôt de l'expérimenter.
Enfin après de nombreuses pratiques et plus sûrement encore après plusieurs années passées dans les exercices répétés du Yoga, l'adepte comprend qu'il existe une continuité entre nos trois états de conscience ordinaire soit le monde de veille, de rêve et de sommeil profond. Il s'agit d'un quatrième qui les contient tous et qui les transcende. Il est nommé Turya Tittà, le quatrième état. Dans cet état particulier le yogi garde toujours la conscience d'une sorte de mémoire qui sous-tend les trois autres. Il n'y a plus vraiment de frontières marquées, bien délimitées entre le rêve, le sommeil et l'état ordinaire de la conscience. Ce quatrième état signifie aussi que toutes nos activités, nos pensées, nos désirs sont suspendus dans un vide qui les contient tous. Cet état sans véritable support fait comprendre à l'adepte du Yoga Nidrâ qu'en vérité la possession matérielle est une illusion. A ce titre nous sommes arrivés dans ce monde sans rien et nous en repartirons également les poches vides. Lorsque nous retournerons à notre état profond et immémorial, nous ne pourrons y emporter aucun des objets matériels qui semble tant nous préoccuper de notre vivant. Dans cette logique, comme le sommeil se confond avec le rêve et l'état de veille, il n'est même pas affirmé que nous soyons vivants plutôt que morts, ces états sont tous autant transitoires que celui de nos jours et de nos nuits.

Cette logique conduit également à une nouvelle proposition audacieuse, le monde de veille tel que nous le connaissons ordinairement ne serait en réalité qu'une continuité de notre état de rêve. Il s'agirait seulement d'un rêve éveillé, mais sans que l'on sache que l'on rêve. En effet celui qui sait obtenir la conscience de veille pendant le rêve peut tout autant faire pénétrer l'état de rêve dans celui de la veille. Cet état est encore plus prodigieux car il décuple l'état de conscience d'une façon inimaginable.
N'oublions pas que c'est notre manque d'imagination qui nous limite et nous illusionne, le jugement que l'on a de soi n'est bâti que sur des croyances que l'on a fait sienne sans que l'on en ait vérifié leur véracité. Lorsque seule la sensation demeure, affranchie de toutes croyances, elle devient la réalité.
avec l'aimable autorisation de yoganet
16/01/2023

La vie sattwique en ashram - Extraits
Parler des mois passés à Bihar Yoga Bharati, c’est un peu comme parler d’un voyage interplanétaire inconcevable, c’est comme si l’on voulait mettre le cosmos dans une minuscule bouteille. Mais ça ne fait rien, essayons… BYB est la première université mondiale du yoga. Lorsqu’on y séjourne, on se rend compte qu’elle n’a d’une université que le nom et la forme.
Le fond lui… ah… le fond, semble sans fond…
D’ailleurs y a-t-il un fond ?
Le fond est infini, le fond, c’est l’infini.
Voyons.
Le nom : université de yoga du Bihar. (BYB : Bihar Yoga Bharati, en hindi). La forme : des bâtiments carrés, des professeurs nombreux, indiens et étrangers, une administration aux rouages incroyablement lourds, des étudiants de toutes nationalités et des diplômes reconnus par l’État indien comme faisant partie du cursus universitaire. Le yoga est en effet une véritable science et swami Niranjan, à cette époque directeur de l’université, met tout en œuvre pour le faire savoir au monde occidental. On est bien loin des idées farfelues d’un yogi tout nu sur une planche à clous ! À Munger, le yoga, c’est du sérieux et ça s’étudie.
Cependant, BYB n’est pas une université comme les autres et de loin. Pourquoi ? Le fond justement. Le fond sans fond, c’est la présence du satguru, le maître spirituel. C’est la dimension spirituelle de l’éducation dispensée dans le lieu qui change tout. Car si le travail externe, scolaire est important, le travail interne, travail sur soi, l’est autant sinon plus. Et avoir l’immense chance de pouvoir faire ce travail d’évolution personnelle sous la guidance directe du satguru, c’est un privilège qui n’a pas d’égal sur toute la planète. C’est la clé qui ouvre toutes les portes et apporte tous les trésors. Peut-être ce que l’on appelle bénédiction ?
Le maître spirituel nous donne l’opportunité de devenir ce que nous sommes vraiment. Il nous aide, nous guide, nous tient la main si nous le souhaitons, quand nous le souhaitons, dans ce travail difficile et ardu de nettoyage, de purification du mental, afin de débarrasser de notre être les fonctionnements parasites, les conditionnements obsolètes, pour que se révèle un jour notre véritable nature. Tout simplement.
Tout simplement et pourtant pas si simple ! Car il est un obstacle de taille à l’éclosion de notre être intérieur, c’est l’ignorance de ce que nous sommes. Avidya en sanscrit. Cette ignorance est tellement puissante qu’elle est, selon le sage Patanjali, la première cause de nos souffrances. Alors que notre réelle nature, celle qui dure au travers des vies et des morts, est immatérielle et spirituelle, nous croyons que nous sommes l’ego et son cortège éphémère.
Nous nous identifions au corps physique qui périt, nous nous accrochons aux émotions qui dévastent, nous nous battons pour des convictions qui séparent en pensant suivre notre libre-arbitre. Alors que notre mental, conditionné depuis des lustres, nous mène par le bout du nez sans que nous sachions comment, car nous ne savons pas ce que nous sommes.
Et lorsque nous découvrons que, derrière ces masques, derrière ce voile, existent un univers différent, d’autres dimensions de l’être, impalpables et incontournables, le monde connu dans lequel nous évoluions jusque-là subit des secousses sismiques pouvant occasionner des épreuves cataclysmiques. C’est le chemin de transformation. Il consiste à apprivoiser ego et ses peurs ; il consiste à comprendre le fonctionnement de ce cortège qui l’accompagne, mental, mémoires, émotions etc. afin de le rééduquer, de le reprogrammer selon la connaissance vraie ; alors l’ego purifié, allégé, bonifié, peut travailler en harmonie avec notre nature profonde intemporelle. C’est l’accord, l’union.
Forcément cette route inconnue fait peur. C’est l’ego qui a peur. Car la peur est du registre de l’ego. L’âme ne connaît pas la peur, l’âme est « non-peur » par excellence. C’est au fur et à mesure que l’on avance sur ce chemin illuminé, parsemé pourtant de mille embûches souvent douloureuses, que l’ego s’assouplit et comprend qu’il a en fait tout intérêt à suivre la voie de l’union. Au fil du travail, au fil du temps et grâce au guidage tellement subtil du maître spirituel, les peurs se dissolvent et l’ego se remplit d’une confiance qui pourrait bien s’appeler lumière. C’est ainsi que le voyage spirituel est pour moi le plus beau qui soit. La découverte des trésors intérieurs ne cesse jamais, l’interaction subtile avec ce qui est derrière le voile de la manifestation est constamment présente. À chaque instant si l’on est attentif, de précieux enseignements surgissent qui permettent de capter l’essence de la vie ; cela est une source de joie profonde à nulle autre pareille.
J’ai ce privilège, aussi ma gratitude est-elle sans limite.
Pour le moment je ne suis qu’au début du voyage dont je ne mesure même pas l’ampleur et le mental ne manque pas une occasion de réagir fortement selon sa loi de base : « j’aime ou j’aime pas ». Je découvre la vie yogique, dont l’emploi du temps chargé et précis me surprend. Je comprends peu à peu qu’au-delà de la gestion de quelque cinq cents étudiants, professeurs, employés et administrateurs, ce planning dense, vécu avec l’attention consciente qui éloigne toute dispersion, opère, par une alchimie subtile, la transformation ; cela grâce à l’attitude essentielle du karma yogi dont un des atouts majeurs est d’être présent dans l’action sans attachement aux résultats.
Dans le yoga, il est dit que « la fougue, la passion, l’attraction puissante et rapide sont de nature rajasique et vouées à une extinction douloureuse à plus ou moins long terme ». Tandis que « l’attraction modérée, l’action pesée et réfléchie, l’intérêt dénué de passion ou de fougue sont de nature sattwique et ont de grandes chances d’induire un bonheur serein et durable tout au long du chemin ».
Que ma vie ait été jusqu’à présent mue par l’énergie rajasique est une première constatation évidente. D’où probablement les crashs à répétition. Aussi, en tant qu’apprentie yogini bien disciplinée, j’essaie d’intégrer sattwa à ma vie. Ça tombe bien, la vie d’ashram est complètement sattwique : pas vraiment attirante avec des contraintes à tous les niveaux, elle n’engendre ni passion ni fougue et me fait plutôt piétiner d’impatience ou rager d’impuissance. Se lever si tôt, nettoyer les toilettes, les douches, éplucher les légumes, les couper en dés puis en long, et puis encore en dés car les swamis en charge changent d’idées… Et puis ramasser des feuilles capricieuses dans les jardins sans fleurs ou empaqueter des livres dans un local poussiéreux et puis et puis... tant d’actions apparemment sans aucun sens qui me font tourner en bourrique car le mental (qui n’aime pas) râle, résiste et se plaint. Pourtant, lorsque ces résistances lâchent, c’est magique. Tout devient fluide et sattwa prend place. Les questionnements stupides disparaissent, l’action coule sans hésiter. Comme si la vie devenait une évidence limpide. C’est sattwa qui donne cette sensation subtile d’accord, d’harmonie. Fabuleuse découverte !
Sattwa en fait, c’est la qualité d’énergie qui nous permet de voir par la lunette de l’âme, par l’intuition, par le troisième œil, de voir par le silence, de savoir sans avoir appris, de connaître sans avoir étudié. Sattwa, c’est la qualité d’énergie de la pure conscience, au-delà de « j’aime » ou « j’aime pas », au-delà de la dualité. Aussi le travail de l’aspirant yogi est-il de mettre du sattwa dans sa vie, comme un cuisinier saupoudre son plat d’épices savantes…
Sattwa se trouve aussi dans l’énergie du petit matin, lorsque tout est calme, sous le voile du sommeil enveloppé de rosée : l’immobilité de la création, avant le lever du soleil, avant même que le jour n’arrive. C’est un de mes moments privilégiés : vers 4 heures du matin, les yeux encore dans les rêves, le corps m’appelle pour sortir subrepticement de la chambre et aller vers un lieu secret repéré pour mon sadhana. Alors je marche dans la fraîcheur nocturne en total silence et, bien souvent, je m’arrête, juste pour écouter, juste pour recevoir, juste pour sentir, ce miracle.
Le silence.
Et l’immobilité.
De tout.
Certains matins, je peux même sentir cette pulsation de l’Univers que j’ai pu découvrir par le hublot de mon avion une nuit de vol sur l’Europe. Alors les pétales de fleurs frissonnent, les branches des arbres tremblent, leurs racines vibrent, les étoiles dans le ciel pulsent avec l’éther qui contient tout l’Univers. Je sens la présence qui habite toute parcelle de la création. C’est un bonheur au-delà des mots.

Autobiographie d'une pilote non ordinaire
Avec l'aimable autorisation de