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contes et légendes - le pouvoir divin

19/12/2020

contes et légendes - le pouvoir divin

"Une vieille légende hindoue raconte qu'il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité, que Brahmâ, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.

 

Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : "Enterrons la divinité de l'homme dans la terre." Mais Brahmâ répondit : "Non, cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera." Alors les dieux répliquèrent : "Dans ce cas, jetons la divinité de l'homme dans le plus profond des océans." Mais Brahmâ répondit à nouveau : "Non, car tôt ou tard, l'homme explorera les profondeurs de tous les océans et il est certain qu'un jour, il la trouvera et la remontera à la surface." Alors les dieux mineurs conclurent : Nous ne savons pas où la cacher car il ne semple pas exister sur terre ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour.

 

Alors Brahmâ dit : "Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme ; nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher." Depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en Lui."

 

 

Swami Vivekananda

 

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huiles essentielles antivirales

30/10/2020

huiles essentielles antivirales

Les huiles essentielles agissent efficacement sur tous les virus, alors que la médecine chimique est encore souvent désarmée.

 

Les virus sont très sensibles aux molécules aromatiques. Certaines pathologies virales graves sont très nettement améliorées par les huiles essentielles. De plus, les cellules saines deviennent très résistantes aux virus.

 

 

Attention!


Certaines huiles essentielles doivent être utilisées avec discernement et précaution. Notamment celles à phénols ne doivent pas être inhalées. Elles peuvent être toxiques pour le foie et très irritantes pour la peau !

 

Les huiles essentielles ci-dessous sont sûres si vous suivez les conseils d’utilisation.

 

Sélection d’huiles essentielles pour épidémies ORL virales, grippe…


Ravintsara

 

Voie cutanée : 3 gouttes à répartir dans le bas du dos, le long de la colonne vertébrale et sur le thorax, 4 à 5 fois par jour, jusqu’à amélioration.
Voie orale : 1 goutte dans une cuillère à café de miel ou d’huile d’olive ou sur un sucre, 4 fois par jour, jusqu’à amélioration.


SYNERGIE
Réservée aux + de 6 ans. À renouveler 6 fois par jour pendant 2 à 3 jours. Déposer 3 gouttes de ce mélange sur le thorax et sur le haut du dos :

60 gouttes d’huile essentielle de Ravintsara
40 gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus Radiata
20 gouttes d’huile essentielle de Laurier Noble
40 gouttes d’huile essentielle d’Épinette Noire


Eucalyptus Radiata

 

Voie orale, 2 gouttes pures sous la langue, 4 fois par jour pendant 2 jours.
Inhalation, 1 grande inspiration directement au-dessus du flacon ouvert, 4 à 6 fois par jour.


Thym à Thymol

 

Voie cutanée, diluez 1 goutte de Thym à Thymol dans 20 gouttes d’huile végétale à appliquer sur la plante des pieds, 2 à 3 fois par jour pendant 4 à 5 jours.
Voie orale sur avis médical, diluez 1 goutte de Thym à Thymol dans une cuillère de miel, et ingérez 3 fois par jour pendant 5 jours maximum.


Tea Tree

 

Voie cutanée, 1 goutte dans 4 gouttes d’huile végétale à appliquer sur le thorax 4 fois par jour pendant 5 à 7 jours.
Voie cutanée, 1 goutte diluée dans 9 gouttes d’huile végétale à appliquer sur le thorax 4 fois par jour pendant 5 à 7 jours.


Eucalyptus globulus (spécialiste de la sphère ORL)

 

Voie cutanée, 1 goutte diluée dans 4 gouttes d’huile végétale sur le thorax, 3 à 4 fois par jour pendant 5 à 7 jours.


Thym à Thujanol

 

Voie orale, 2 gouttes mélangées à du miel, 3 fois par jour, pendant 3 à 5 jours.
Voie cutanée, diluez 1 goutte dans 9 gouttes d’huile végétale à appliquer sur le thorax et le long de la colonne vertébrale 3 fois par jour pendant 3 à 5 jours.


Niaouli

 

Voie orale, 2 gouttes sur un comprimé neutre, 3 fois par jour pendant 5 jours.
Voie cutanée, diluer 1 goutte dans 9 gouttes d’huile végétale, à masser sur les poignets, le plexus solaire et la plante des pieds.


Pour assainir l’air


Citron ou pamplemousse

 

En diffusion, environ 30 minutes.
SYNERGIE

40 gouttes d’huile essentielle de Pamplemousse
20 gouttes d’huile essentielle de Ravintsara
20 gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus Globulus
20 gouttes d’huile essentielle de Citron


Pour booster l’Immunité


Ravintsara

 

Voie cutanée : 3 gouttes sur les poignets et respirer profondément, en prévention, une fois par jour, pendant les périodes à risques. Faire une pause d’une semaine après trois semaines d’utilisation.


SYNERGIE

 

À renouveler 3 fois par jour entre 1 et 3 semaines. Appliquer en massage 3 gouttes du mélange sur le thorax et 3 gouttes sur le dos :

100 gouttes d’huile essentielle de Ravintsara
30 gouttes d’huile essentielle de Tea Tree
10 gouttes d’huile essentielle de Thym à Thymol
30 gouttes d’huile essentielle de Citron


Appliquer en massage 3 gouttes du mélange sur le thorax et 3 gouttes sur le dos. Renouveler l’application 3 fois par jour entre 1 et 3 semaines.

 

Informations tirées de l’excellent site : compagnie-des-sens.fr

Pour des huiles essentielles de très haute qualité sélectionnées par l’Ayurveda Maharishi : vedaroma.eu

 

 

 

Bertrand Canac

 

Professeur de méditation transcendantale

 

Avec l'aimable autorisation de sagessevedique

 

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 autobiographie d'une pilote non ordinaire - la vie sattwique en ashram

08/10/2020

 autobiographie d'une pilote non ordinaire - la vie sattwique en ashram

 

La vie sattwique en ashram - Extraits

 

Parler des mois passés à Bihar Yoga Bharati, c’est un peu comme parler d’un voyage interplanétaire inconcevable, c’est comme si l’on voulait mettre le cosmos dans une minuscule bouteille. Mais ça ne fait rien, essayons…

 

BYB est la première université mondiale du yoga. Lorsqu’on y séjourne, on se rend compte qu’elle n’a d’une université que le nom et la forme. 

 

Le fond lui… ah… le fond, semble sans fond…

 

D’ailleurs y a-t-il un fond ?

 

Le fond est infini, le fond, c’est l’infini.

 

Voyons.

 

Le nom : université de yoga du Bihar. (BYB : Bihar Yoga Bharati, en hindi). La forme : des bâtiments carrés, des professeurs nombreux, indiens et étrangers, une administration aux rouages incroyablement lourds, des étudiants de toutes nationalités et des diplômes reconnus par l’État indien comme faisant partie du cursus universitaire. Le yoga est en effet une véritable science et swami Niranjan, à cette époque directeur de l’université, met tout en œuvre pour le faire savoir au monde occidental. On est bien loin des idées farfelues d’un yogi tout nu sur une planche à clous ! À Munger, le yoga, c’est du sérieux et ça s’étudie.

 

Cependant, BYB n’est pas une université comme les autres et de loin. Pourquoi ? Le fond justement. Le fond sans fond, c’est la présence du satguru, le maître spirituel. C’est la dimension spirituelle de l’éducation dispensée dans le lieu qui change tout. Car si le travail externe, scolaire est important, le travail interne, travail sur soi, l’est autant sinon plus. Et avoir l’immense chance de pouvoir faire ce travail d’évolution personnelle sous la guidance directe du satguru, c’est un privilège qui n’a pas d’égal sur toute la planète. C’est la clé qui ouvre toutes les portes et apporte tous les trésors. Peut-être ce que l’on appelle bénédiction ?

 

Le maître spirituel nous donne l’opportunité de devenir ce que nous sommes vraiment. Il nous aide, nous guide, nous tient la main si nous le souhaitons, quand nous le souhaitons, dans ce travail difficile et ardu de nettoyage, de purification du mental, afin de débarrasser de notre être les fonctionnements parasites, les conditionnements obsolètes, pour que se révèle un jour notre véritable nature. Tout simplement.

 

Tout simplement et pourtant pas si simple ! Car il est un obstacle de taille à l’éclosion de notre être intérieur, c’est l’ignorance de ce que nous sommes. Avidya en sanscrit. Cette ignorance est tellement puissante qu’elle est, selon le sage Patanjali, la première cause de nos souffrances. Alors que notre réelle nature, celle qui dure au travers des vies et des morts, est immatérielle et spirituelle, nous croyons que nous sommes l’ego et son cortège éphémère.

 

Nous nous identifions au corps physique qui périt, nous nous accrochons aux émotions qui dévastent, nous nous battons pour des convictions qui séparent en pensant suivre notre libre-arbitre. Alors que notre mental, conditionné depuis des lustres, nous mène par le bout du nez sans que nous sachions comment, car nous ne savons pas ce que nous sommes.

 

Et lorsque nous découvrons que, derrière ces masques, derrière ce voile, existent un univers différent, d’autres dimensions de l’être, impalpables et incontournables, le monde connu dans lequel nous évoluions jusque-là subit des secousses sismiques pouvant occasionner des épreuves cataclysmiques. C’est le chemin de transformation. Il consiste à apprivoiser ego et ses peurs ; il consiste à comprendre le fonctionnement de ce cortège qui l’accompagne, mental, mémoires, émotions etc. afin de le rééduquer, de le reprogrammer selon la connaissance vraie ; alors l’ego purifié, allégé, bonifié, peut travailler en harmonie avec notre nature profonde intemporelle. C’est l’accord, l’union.

 

Forcément cette route inconnue fait peur. C’est l’ego qui a peur. Car la peur est du registre de l’ego. L’âme ne connaît pas la peur, l’âme est « non-peur » par excellence. C’est au fur et à mesure que l’on avance sur ce chemin illuminé, parsemé pourtant de mille embûches souvent douloureuses, que l’ego s’assouplit et comprend qu’il a en fait tout intérêt à suivre la voie de l’union. Au fil du travail, au fil du temps et grâce au guidage tellement subtil du maître spirituel, les peurs se dissolvent et l’ego se remplit d’une confiance qui pourrait bien s’appeler lumière. C’est ainsi que le voyage spirituel est pour moi le plus beau qui soit. La découverte des trésors intérieurs ne cesse jamais, l’interaction subtile avec ce qui est derrière le voile de la manifestation est constamment présente. À chaque instant si l’on est attentif, de précieux enseignements surgissent qui permettent de capter l’essence de la vie ; cela est une source de joie profonde à nulle autre pareille.

 

J’ai ce privilège, aussi ma gratitude est-elle sans limite.

 

Pour le moment je ne suis qu’au début du voyage dont je ne mesure même pas l’ampleur et le mental ne manque pas une occasion de réagir fortement selon sa loi de base : « j’aime ou j’aime pas ». Je découvre la vie yogique, dont l’emploi du temps chargé et précis me surprend. Je comprends peu à peu qu’au-delà de la gestion de quelque cinq cents étudiants, professeurs, employés et administrateurs, ce planning dense, vécu avec l’attention consciente qui éloigne toute dispersion, opère, par une alchimie subtile, la transformation ; cela grâce à l’attitude essentielle du karma yogi dont un des atouts majeurs est d’être présent dans l’action sans attachement aux résultats.

 

Dans le yoga, il est dit que « la fougue, la passion, l’attraction puissante et rapide sont de nature rajasique et vouées à une extinction douloureuse à plus ou moins long terme ». Tandis que « l’attraction modérée, l’action pesée et réfléchie, l’intérêt dénué de passion ou de fougue sont de nature sattwique et ont de grandes chances d’induire un bonheur serein et durable tout au long du chemin ».

 

Que ma vie ait été jusqu’à présent mue par l’énergie rajasique est une première constatation évidente. D’où probablement les crashs à répétition. Aussi, en tant qu’apprentie yogini bien disciplinée, j’essaie d’intégrer sattwa à ma vie. Ça tombe bien, la vie d’ashram est complètement sattwique : pas vraiment attirante avec des contraintes à tous les niveaux, elle n’engendre ni passion ni fougue et me fait plutôt piétiner d’impatience ou rager d’impuissance. Se lever si tôt, nettoyer les toilettes, les douches, éplucher les légumes, les couper en dés puis en long, et puis encore en dés car les swamis en charge changent d’idées… Et puis ramasser des feuilles capricieuses dans les jardins sans fleurs ou empaqueter des livres dans un local poussiéreux et puis et puis... tant d’actions apparemment sans aucun sens qui me font tourner en bourrique car le mental (qui n’aime pas) râle, résiste et se plaint. Pourtant, lorsque ces résistances lâchent, c’est magique. Tout devient fluide et sattwa prend place. Les questionnements stupides disparaissent, l’action coule sans hésiter. Comme si la vie devenait une évidence limpide. C’est sattwa qui donne cette sensation subtile d’accord, d’harmonie. Fabuleuse découverte !

 

Sattwa en fait, c’est la qualité d’énergie qui nous permet de voir par la lunette de l’âme, par l’intuition, par le troisième œil, de voir par le silence, de savoir sans avoir appris, de connaître sans avoir étudié. Sattwa, c’est la qualité d’énergie de la pure conscience, au-delà de « j’aime » ou « j’aime pas », au-delà de la dualité. Aussi le travail de l’aspirant yogi est-il de mettre du sattwa dans sa vie, comme un cuisinier saupoudre son plat d’épices savantes…

 

 Sattwa se trouve aussi dans l’énergie du petit matin, lorsque tout est calme, sous le voile du sommeil enveloppé de rosée : l’immobilité de la création, avant le lever du soleil, avant même que le jour n’arrive. C’est un de mes moments privilégiés : vers 4 heures du matin, les yeux encore dans les rêves, le corps m’appelle pour sortir subrepticement de la chambre et aller vers un lieu secret repéré pour mon sadhana. Alors je marche dans la fraîcheur nocturne en total silence et, bien souvent, je m’arrête, juste pour écouter, juste pour recevoir, juste pour sentir, ce miracle.

 

Le silence.

 

Et l’immobilité.

 

De tout.

 

Certains matins, je peux même sentir cette pulsation de l’Univers que j’ai pu découvrir par le hublot de mon avion une nuit de vol sur l’Europe. Alors les pétales de fleurs frissonnent, les branches des arbres tremblent, leurs racines vibrent, les étoiles dans le ciel pulsent avec l’éther qui contient tout l’Univers. Je sens la présence qui habite toute parcelle de la création. C’est un bonheur au-delà des mots.

 

 

Autobiographie d'une pilote non ordinaire

 

Avec l'aimable autorisation de Mirabelle Forsythia

 

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 autobiographie d'une pilote non ordinaire - rikhia et le sat chandi maha yajna

06/10/2020

 autobiographie d'une pilote non ordinaire - rikhia et le sat chandi maha yajna

 

Rikhia et le Sat Chandi Maha Yajna - Extraits


Riz sauté, flocons légers, thé noir serré, ce nasta me réconcilie avec la vie, puis c’est le plongeon. Plongeon dans l’activité, plongeon dans le karma yoga, l’action en conscience, l’action sans attente, plongeon dans le seva, service aux autres, service désintéressé. Plongeon aussi dans l’immense foule bigarrée, composée tant d’Indiens que d’étrangers venus de tous pays aider aux préparations du grand festival tantrique qui approche, le Sat Chandi Maha Yajña. Il semble que de ce plongeon je ne sois jamais ressortie.


L’activité est intense, fébrile, trépidante. Nous, les étudiants de l’université de Munger, sommes affectés à la cuisine, au service des repas. Une folie mélangée à une incroyable organisation à l’indienne. Lorsque l’heure arrive, la foule est dirigée de façon parfaitement fluide par les jeunes batouks et kannyas, dont nous reparlerons bientôt, de manière que chacun s’assoie sur les tapis installés sur le gazon du grand Alakh Bara. Devant chaque invité ont été déposés une assiette et un petit bol en feuille de bananier, ainsi qu’un minuscule verre en terre cuite. Point de couverts puisque nous mangeons avec les doigts en Inde. Notre tâche, à nous les étudiants sevak1 est alors de passer le long des interminables rangées de convives bariolés en portant les seaux inépuisables de nourriture, munis de grosses louches pour servir tout un chacun de dhal, riz, sapji. Tout cela sous l’œil vigilant et la guidance parfois chaotique des différents swamis en charge, les responsables coordinateurs, dont les instructions souvent contradictoires sèment régulièrement un vent de panique dans les rangs des sevaks. Qu’à cela ne tienne ! Cela fait partie du jeu !


Autant dire que nous ne nous ennuyons pas dans notre karma yoga-seva. Car le service devient rapidement non stop du matin au soir, vu la foule qui ne cesse d’affluer à l’ashram. Le début du Sat Chandi Maha Yajña approche et certainement plus de mille personnes déjà défilent quotidiennement pour prendre les repas. Servir me plaît totalement. Les regards de l’un à l’autre deviennent comme une danse magnifique unissant tout un chacun par ce lien d’amour universel dont j’ai reçu quelques étincelles, alors un baume s’étale dans mon cœur qui me fait planer dans des espaces de félicité bienheureuse ; et lorsque mon regard croise celui d’un ami yogi aussi euphorique que moi, nos yeux confirment : cette expérience sublime est l’amour qui unit tous les êtres, l’amour d’Anahat, le cœur de l’Univers ! À Rikhia, l’amour inconditionnel est palpable et nous le touchons avec nos cœurs.


Abandonnant alors toute résistance, plongeant dans la danse du seva sans compter, donnant sans relâche et sans attente, je me laisse porter et cet amour devient expérience. Bonheur indescriptible. La foule bigarrée aux mille visages inconnus devient manifestation d’amour. Servir une louche de sapji dans une assiette en feuille de bananier, recevoir le regard souriant du vieil homme satisfait ou de l’enfant content, sentir cette union entre tous les êtres présents ici, qui n’ont pour autre but que de servir, c’est une découverte d’une puissance non encore explorée. La sensation de oneness… Unité, union… Nous sommes un.


Serve – Love – Give


Sers – Aime – Donne


La clé du yoga de Shivananda. La clé qui ouvre le cœur. C’est tout simple et facile. Il suffit de s’y abandonner… Tout malaise a disparu à présent, je me lève chaque matin comme s’il y avait un ressort dans mon lit qui me propulse dehors pour servir. Ouverture, c’est l’ouverture qui continue…

Et bientôt le Sat Chandi Maha Yajña commence. Cette fois plus de seva. Suivre le programme autant que nous le souhaitons, telle est la consigne. Aussi, dès le premier matin alors que le soleil se lève à peine sur l’Alakh Bara, je me précipite à l’entrée, où je retrouve de nombreux autres aspirants, impatients comme moi de vivre ces moments inconnus. La porte s’ouvre, nous entrons. Les jeunes kannyas, certaines hautes comme trois pommes, d’autres jeunes adolescentes aux corps graciles, dessinent avec un sourire candide au milieu nos sourcils, le point rouge des Indiens symbolisant le troisième œil, la conscience, Shiva. Une mélodie de flûte aérienne baigne la place d’une atmosphère céleste. Des tapis verts sont étendus partout, une estrade colorée, décorée par des centaines de fleurs, rubans et tentures, trône au centre de l’espace lumineux. L’activité est intense, partout des sevaks s’affairent aux dernières finitions. Guidés d’une façon parfaitement fluide par les kannyas, les centaines de participants s’installent dans un respect tangible picoté d’une excitation enfantine. Les sourires des uns aux autres en disent long. La plupart ont parcouru des milliers de kilomètres pour se joindre à ce programme hors de tout ce qui est connu. Et moi je suis là, invitée privilégiée de l’université de Munger, comme si la grâce m’avait portée dans ce lieu où tout est émerveillement.


Ces kannyas et batouks sont des jeunes enfants que swami Satyananda a adoptés. Enfants des villages de la région immensément pauvre du Bihar, ils seraient restés sans vêtements, sans même manger tous les jours et bien sûr sans aucune éducation. Paramahamsa Satyananda, en étendant ses grands bras d’amour, les a pris sous sa protection. Commençant avec cinq cents kannyas (les filles), il a continué avec cinq cents batouks (les garçons) qui ont entre cinq et douze ans en 2001. Les enfants partagent leur journée entre la bicoque parentale, où ils aident aux divers travaux de base, et l’ashram, où ils reçoivent à manger trois fois par jour (dans leur village c’était à peine une fois par semaine) ainsi que des vêtements, des soins, une éducation dispensée par des swamis résidents et, plus que tout, ils reçoivent la grâce de Paramahamsaji. Mais cela je ne le comprends pas encore. Pour le moment je vois de jeunes enfants indiens s’amusant comme des fous à guider les étrangers souvent maladroits et trop gourmands de tout, notamment d’espace. Comment nous installer par centaines sur des surfaces si réduites ? Il nous faut plier nos jambes, serrer nos corps encore et encore, afin que chacun puisse prendre place. Et, lorsque nous sommes recroquevillés au maximum, il nous faut encore nous compresser car d’autres vont arriver !


Depuis que je suis en Inde, cette différence flagrante me percute de plein fouet, entre nous, les Occidentaux du monde riche et moderne, et les Indiens, effacés, humbles et contents. Nous prenons tout sans être jamais satisfaits de ce que nous avons, nous désirons toujours plus de tout. De nourriture, de thé, d’espace… Alors j’ai honte. J’ai honte de boire une énorme chope de thé alors qu’un Indien sera content avec un minuscule verre. J’ai honte de transporter partout mon sac rempli d’accessoires inutiles qui prennent de la place alors qu’un Indien se promène sans rien et s’assoit sans bruit comme dans un mouchoir… J’ai honte mais je n’y peux rien. Je suis occidentale. Je ne savais pas. Je ne savais pas ce que Paramahamsa Satyananda va résumer en ces quelques mots : « Ce qu’un Indien consomme en un an en énergies, nourriture, eau, vêtements, électricité, etc., un Occidental le dissipe en un jour. »


À Rikhia je découvre le monde tel qu’il est. Ce que je ressens depuis toujours, sans pouvoir le cerner, l’Inde me le montre avec une acuité redoutable : ce déséquilibre flagrant, monstrueux qui se creuse tous les jours entre pays riches, cages dorées, hôtels cinq étoiles, supermarchés dégoulinants, et pays pauvres, manquant de tout surtout de l’essentiel comme d’un repas par jour, d’eau, de couvertures, d’abris… Ce déséquilibre indécent entraînant l’humanité à sa perte est, en Inde étalé sous mes yeux. Et je suis sous le choc. Notre minuscule minorité de gens aisés, voire riches, consomme toutes les ressources de la planète alors qu’une immense majorité d’êtres humains est en manque de tout.


Nous avons oublié de partager.


Le programme du Sat Chandi Maha Yajña devient pour moi une gigantesque prise de conscience et l’expérience qui me transformera pour le meilleur, sans possibilité de retour. Enfin !

 

 

Autobiographie d'une pilote non ordinaire

 

Avec l'aimable autorisation de Mirabelle Forsythia

 

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