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Asso YOG'ART est une association régie par la loi du 1er Juillet 1901 - Asso YOG'ART a pour objet la diffusion et l'enseignement du yoga à travers l'organisation de séances pratiques, de stages... Le yoga que nous proposons est un yoga traditionnel. Il est très simple d'approche, et convient à tous les niveaux, débutant et plus.

 

 

 

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Blog Yoga Bien-être Spiritualité

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Salutation au soleil

12/08/2021

Salutation au soleil

La salutation au soleil (Surya: soleil, Namaskara: salutation), est un mouvement complet et dynamique, un enchainement naturel de douze positions auquel nous avons ajouté quatre variations ou positions intermédiaires. L’art de la pratique remonte aux temps anciens de l’époque védique en Inde, où le soleil était adoré comme déité et source universelle de vie. Nous vous proposons une version personnelle et complète, pour débutants et yogis avancés.

 

D’une manière générale, tout le monde peut et doit pratiquer régulièrement la salutation au soleil. Pratiquez régulièrement, et à heures régulières. Pratiquez au lever du jour (face au soleil si vous le pouvez), ou en tout début de matinée. Vous pouvez également pratiquer en  début de soirée. Durée de la pratique: 5 à 7 minutes environ. Après la pratique: allongez-vous et reposez-vous en Shavasana (posture du cadavre).

 

 

   

 

 

Pranamasana

Prière

 

 

Rejoignez les deux mains sur la poitrine, expirez en inclinant la tête en avant puis respirez calmement à votre rythme, collez le menton contre la poitrine. Rapprochez les pieds.

 

Technique avancée: utilisez le mantra Om mitraya namaha, portez l’attention sur Anahata chakra.

 

Bienfaits: cette position apaise et calme l’esprit, renforce l'équilibre, et prépare mentalement et physiquement à la pratique de la salutation au soleil.

 

 

Hasta Utthasana

 

 

Inspirez, étirez les bras au dessus de la tête puis inclinez le cou, la tête et les bras, lentement en arrière.

 

Technique avancée: utilisez le mantra Om ravaye namaha, portez l’attention sur Vishuddhi chakra.

 

Bienfaits: cette position renforce le dos, les épaules, tonifie la région abdominale, améliore la digestion et est aussi recommandée pour lutter contre l’excès de poids.

 

 

Padahastasana

 

 

Expirez, penchez-vous en en avant, étirez les bras. Essayez d’attraper les talons (ou les chevilles ou les mollets) avec les mains. Verrouillez le menton sur la poitrine.

 

Technique avancée: utilisez le mantra Om suryaya namaha, portez l’attention sur Swadhisthana chakra.

 

Bienfaits: cette position assouplit le corps, renforce l’équilibre, tonifie la région abdominale et améliore la digestion, soulage des règles douloureuses, favorise du fait de la position inversée, l’afflux de sang vers le cœur.

 

 

Ashwa shanchalasana

 

 

Inspirez, prenez appui sur la jambe gauche, étirez la jambe droite derrière, retournez le pied droit vers le haut. Inspirez, étirez les bras, les épaules et la tête en arrière.

 

Technique avancée: utilisez le mantra Om bhanave namaha, portez l’attention sur Ajna chakra.

 

Bienfaits: cette position tonifie et assouplit la colonne vertébrale et l'ensemble du dos, renforce les chevilles, les cuisses et les mollets. Ashwa shanchalasana développe la cage thoracique et tonifie enfin les muscles de la région abdominale. Aswha Sanchalasana est une posture vivifiante par excellence!

 

 

Marjari asana

 

 

Respirez normalement.

 

 

Balasana

 

 

Asseyez-vous en expirant sur les talons, étirez le dos et les bras devant (les mains, les avant-bras, les coudes et le front sont idéalement plaqués sur le tapis de yoga).

 

 

Marjari asana

 

 

Respirez normalement.

 

 

Position de la planche

 

 

Avancez les mains (20 cm environ) en face de vous, étirez harmonieusement le corps en inspirant puis rétention du souffle.

 

 

Adho Mukho svanasana

 

 

Inspirez, redressez le buste et le bassin. Expirez, étirez les bras, penchez-vous en avant, rapprochez le menton contre la poitrine. Conservez la position les jambes tendues et les tallons collés au sol. Respirez en profondeur.

 

Technique avancée: utilisez le mantra Om khagaya namaha, portez l’attention sur Vishuddhi chakra. 

 

Bienfaits:  Adho Mukha Svanasana est une position vivifiante, "antifatigue". La pratique régulière tonifie les jambes, renforce les chevilles, et soulage des douleurs dans les talons.

 

 

Ashwa shanchalasana

 

 

Inspirez, prenez appui sur la jambe gauche, étirez la jambe droite derrière, retournez le pied droit vers le haut. Inspirez, étirez les bras, les épaules et la tête en arrière.

 

Technique avancée: utilisez le mantra Om bhanave namaha, portez l’attention sur Ajna chakra.

 

Bienfaits: cette position tonifie et assouplit la colonne vertébrale et l'ensemble du dos, renforce les chevilles, les cuisses et les mollets. Ashwa shanchalasana développe la cage thoracique et tonifie enfin les muscles de la région abdominale. Aswha Sanchalasana est une posture vivifiante par excellence!

 

 

Bhujangasana

 

 

Inspirez, glissez sur la poitrine et le ventre. Les jambes sont tendues et les pieds étirés en arrière. Positionnez les deux mains à la hauteur des épaules. Redressez lentement la tête, puis le buste, en inspirant. Consolidez la position en répartissant la pression du poids sur les mains et les jambes. Inspirez à nouveau, en redressant lentement la tête.

 

Technique avancée: utilisez le mantra Om hiranyagarbhaya, portez l’attention sur Swadhisthana chakra.

 

Bienfaits: Cette position soulage le dos et est une "véritable panacée" pour tous ceux qui souffrent de la colonne vertébrale. La position tonifie la colonne vertébrale ainsi que la poitrine.

 

 

Adho Mukho svanasana

 

 

Inspirez, redressez le buste et le bassin. Expirez, étirez les bras, penchez-vous en avant, rapprochez le menton contre la poitrine. Conservez la position les jambes tendues et les tallons collés au sol. Respirez en profondeur.

 

Technique avancée: utilisez le mantra Om khagaya namaha, portez l’attention sur Vishuddhi chakra.

 

Bienfaits:  Adho Mukha Svanasana est une position vivifiante, "antifatigue". La pratique régulière tonifie les jambes, renforce les chevilles, et soulage des douleurs dans les talons.

 

 

Ashwa shanchalasana

 

 

Inspirez, prenez appui sur la jambe droite, étirer la jambe gauche derrière soi et placer les mains à hauteur du pied droit, de chaque côté. Etirer les bras en arrière et incliner ensuite la tête en arrière.

 

Technique avancée: utilisez le mantra Om adityaya namaha, portez l’attention sur Ajna chakra.

 

Bienfaits: cette position tonifie et assouplit la colonne vertébrale & l'ensemble du dos, renforce les chevilles, les cuisses et les mollets. Ashwa shanchalasana développe la cage thoracique, elle est recommandée en prévention des crises d'asthme. Elle tonifie enfin les muscles de la région abdominale. Aswha Sanchalasana est une posture vivifiante par excellence!

 

 

Padahastasana

 

 

Expirez, penchez-vous en en avant, étirez les bras. Essayez d’attraper les talons (ou les chevilles ou les mollets) avec les mains. Verrouillez le menton sur la poitrine.

 

Technique avancée: utilisez le mantra Om suryaya namaha, portez l’attention sur Swadhisthana chakra.

 

Bienfaits: cette position assouplit le corps, renforce l’équilibre, tonifie la région abdominale et améliore la digestion, soulage des règles douloureuses, favorise du fait de la position inversée, l’afflux de sang vers le cœur.

 

 

Hasta Utthasana

 

 

Inspirez, étirez les bras au dessus de la tête puis inclinez le cou, la tête et les bras, lentement en arrière.

 

Technique avancée: utilisez le mantra Om ravaye namaha, portez l’attention sur Vishuddhi chakra.

 

Bienfaits: cette position renforce le dos, les épaules, tonifie la région abdominale, améliore la digestion et est aussi recommandée pour lutter contre l’excès de poids.

 

 

Pranamasana

Prière

 

 

Rejoignez les deux mains sur la poitrine, expirez en inclinant la tête en avant puis respirez calmement à votre rythme, collez le menton contre la poitrine. Rapprochez les pieds..

 

Technique avancée: 

utilisez le mantra Om mitraya namaha, portez l’attention sur Anahata chakra.

 

Bienfaits: 

cette position apaise et calme l’esprit, renforce l'équilibre, et prépare mentalement et physiquement à la pratique de la salutation au soleil.

 

 

Les bienfaits de la pratique:

Surya Namaskar renforce le système immunitaire (recommandée en période de convalescence). La pratique régulière évacue le stress, ralentit le vieillissement, tonifie le corps, et rééquilibre la respiration.

 

 

Asso YOG'ART

 

Quel est le moyen le plus rapide pour atteindre l’illumination?

14/03/2021

Quel est le moyen le plus rapide pour atteindre l’illumination?

Quel est le moyen le plus rapide pour atteindre l'illumination?

 

Excellente question.

 

Quand on a compris que tout le but de la vie est d’atteindre l’illumination, pourquoi ne pas l’obtenir le plus rapidement possible et jouir pleinement de la vie ?

 

Avant de parler de “moyen rapide”, il convient de répondre à 3 questions :

 

  • Qu’est-ce que l’illumination ?
  • Existe-t-il un ou des états d’illumination ?
  • Quel est le moyen classique pour atteindre l’illumination ?


1. Qu’est-ce que l’illumination ?


Voici une définition de Maharishi Mahesh Yogi qui met en évidence que l’illumination est un état de conscience qui, comme tout autre état de conscience a une correspondance dans un mode de fonctionnement physiologique et neurophysiologique.

 

 

 

M. M. Yogi

 

"L’illumination est l’état de santé normal et naturel du corps et de l’esprit. Il résulte du plein développement de la conscience et dépend du fonctionnement parfait et harmonieux de chaque partie du corps et du système nerveux. Lorsque l’on utilise ainsi tout le potentiel du corps et de l’esprit, chaque pensée et chaque action est spontanément correcte et soutient la vie. C’est une vie sans souffrance, une vie vécue dans toute sa splendeur et sa profondeur”. M. M. Yogi


Donc, il ne s’agit ni d’un concept, ni d’une expérience temporaire, mais d’un état permanent de conscience, dit “supérieur” uniquement par rapport à la norme de l’humanité actuelle.

 

2. Existe-t-il un ou des états d’illumination?


La tradition védique (dont le Yoga qui en fait partie est la science de l’intégration de la vie, ou science de l’illumination), et tous les maîtres de cette tradition répertorient 7 états de conscience :


3 états inférieurs (dits d’ignorance)

 

  • Sommeil
  • Rêve
  • Veille

 

1 état intermédiaire (appelé Setu – le pont – vers les états de conscience supérieurs)

 

  • Samādhi = conscience pure = conscience transcendantale = état d’éveil au repos = le Soi

 

3 états d’illumination

 

  • Nitya Samādhi = Samādhi perpétuel = Conscience cosmique = Nirvana de Bouddha
  • Bhagavan Chetana = Conscience Divine
  • Brahmi Chetana = Conscience d’Unité


Pour référence:

 

– L’état de conscience dont parlent des personnes comme Echart Tolle, Pierre et Gérald ou Julie Ann, fait référence du 5e état de conscience (conscience cosmique). Comme ils en parlent magnifiquement et simplement, nous pouvons assumer qu’ils semblent l’avoir atteint.

 

– Nombreuses expériences des Saints et mystiques semblent correspondre au 6e état de conscience ; permanent ou temporaire ?

 

– Des personnes comme Nisargadatta Maharaj,  Jiddu Krishnamurti et Maharishi Mahesh Yogi ont décrit avec une admirable précision le 7e état de conscience (conscience d’unité).

 

Note : je dis “semble” parce qu’il est impossible d’être absolument certain du niveau d’évolution spirituelle d’une personne, à part pour soi-même.

 

3. Quel est le moyen habituel pour atteindre l’illumination?


L’expérience du Samādhi (la conscience pure) répétée régulièrement pendant longtemps est le moyen qu’ont suivi la plupart des gens illuminés au fil des âges.

 

C’est d’ailleurs ce qu’indique Maharishi Patañjali dans ces Yoga Sutra (texte de référence du Yoga) : chapitre 1 verset 14 : “L’état de Yoga (Samādhi, conscience pure) devient fermement établi (illumination) par une pratique régulière et assidue pendant longtemps (de l’expérience du Samādhi)”.

 

La méditation (Dhyāna) est la pratique qui conduit naturellement l’esprit à l’apaisement complet (Samādhi).

 

 


Méditer est le chemin naturel vers le bonheur intérieur


Malheureusement, de nos jours on appelle tout et n’importe quoi “méditation”…

 

Pour faire l’expérience du Samādhi, l’esprit doit traverser les niveaux de plus en plus raffinés et silencieux de son activité jusqu’à finalement transcender toute activité tout en restant vigilant.

 

Ce processus ne peut être réalisé que par une technique précise et complètement naturelle. Tout effort, aussi léger soit-il maintient un certain niveau d’activité et bloque l’apaisement de l’esprit.

 

La technique enseignée par Maharishi Mahesh Yogi, la Méditation Transcendantale est une voix royale vers l’illumination. Elle est à la fois complètement simple et naturelle, prodigieusement efficace pour apaiser l’esprit, et accessible à tous.

 

Parmi les quelques millions de personnes qui ont appris cette technique au fil des 50 dernières années, des milliers, voire des dizaines de milliers rapportent des expériences continues de conscience cosmique et certains sont établis dans la conscience d’unité. La plupart de ces gens continuent à mener leur vie tranquillement, en général sans même parler de leurs expériences.

 

Existe-t-il des raccourcis pour atteindre l’illumination?


1. En utilisant la méthode classique de la méditation, les accélérateurs sont :


a) Apprendre une technique de méditation qui permet à l’esprit de véritablement transcender les pensées. Vous devinerez que je vous conseille (très chaudement) la Méditation Transcendantale 😉

 

b) Pratiquer cette méditation très régulièrement deux fois par jour.

 

c) Pratiquer en groupe le plus souvent possible.

 

d) Avoir une vie bien réglée, sans fatigue, sans excès.

 

e) Bien se nourrir (au sens large). C’est-à-dire veiller à ce que notre nourriture physique, sensorielle, intellectuelle, émotionnelle… soit la plus pure et saine possible.

 

2. MT-Sidhis
Maharishi Mahesh Yogi a enseigné ces techniques avancées de la méditation (mentionnées dans les Yoga Sutra de Patañjali). Ces techniques accélèrent considérablement l’évolution vers les états de conscience supérieurs, surtout pratiquées en groupe.

 

3. Sciences védiques
L’œuvre magistrale de Maharishi est entre autre :

 

  • d’avoir systématisé l’enseignement de la méditation reçue de son maître, qu’il avait lui-même hérité de la tradition des maîtres védiques,
  • d’avoir formé plus de 40 000 instructeurs hautement qualifiés dans le monde entier capables d’une part d’enseigner cette forme de méditation ancestrale qui n’avait jusqu’alors été transmise que par des maîtres illuminés, et capables d’autre part de guider leurs élèves jusqu’aux états de conscience supérieurs,
  • d’avoir rétabli la perfection de l’ensemble des sciences védiques et montré que chacune d’elles ont pour but d’aider à développer tout le potentiel humain (l’illumination).

 

Parmi les sciences védiques :

 

 

L’Ayurveda, bien plus qu’une science de la santé, vise à rétablir et maintenir le bon fonctionnement, l’équilibre et le raffinement de l’organisme à tous les niveaux, prérequis au développement de la conscience. Ce but est déjà exprimé par le mot sanskrit pour santé (Svastha) qui signifie “établi dans le Soi”, illuminé.

 

 

 

Jyotish et Yagya, l’astrologie védique et les mesures correctives, qui permettent de prévoir les obstacles et dangers à venir (dû au Karma) qui freineraient notre évolution et d’y remédier.

 


Le Sthapatya Veda, l’architecture védique, définit orientation, proportions et agencement de la maison dans laquelle nous vivons, pour que nous bénéficiions des meilleures influences cosmiques. La maison est une extension du corps humain, lien entre les énergies humaines et cosmiques. Maharishi a mentionné que pas moins de 70 % des problèmes de notre société sont dus à une mauvaise orientation des maisons.


Le Gandharva Veda, la musique védique, nous accorde avec les fréquences et rythmes de la nature aux différentes heures du jour et de la nuit. Il produit harmonie, ordre et bonheur favorisant l’accès aux niveaux les plus raffinés de notre conscience.

 

 


L’écoute et la lecture de la littérature védique en sanskrit (la langue parfaite) qui a pour effet d’ordonner le fonctionnement du cerveau et d’accélérer le développement des états de conscience supérieurs.

 

4. Pour les “cascadeurs de la conscience”


– Les textes tantriques parlent de méthodes plus radicales que la méditation mais laborieuses et dangereuses et qui nécessitent la guidance permanente d’un maître compétent. Ces maîtres sont-ils disponibles aujourd’hui ?

 

– Shakti Path (l’illumination instantanée). Certains maîtres ont la capacité de transmettre directement l’illumination, pourvu que la physiologie de la personne soit à la fois suffisamment robuste et raffinée pour ne pas être mutilée voir anéantie…

 

Note : certaines “méthodes” indiquées dans d’autres réponses n’en sont pas et montrent une ignorance du processus d’évolution vers l’illumination.

 

Le processus d’évolution vers l’illumination est naturel et automatique. Il requiert du temps parce qu’il s’agit du raffinement et donc d’une transformation de toute la physiologie.

 

Par exemple, Eckart Tolle raconte son illumination après une période de déprime intense. Il est naïf de croire que c’est la déprime qui est la cause de son illumination. Dans son cas, il a probablement passé des vies à méditer et devenir familier avec l’expérience de la conscience pure. Dans cette vie, sans avoir jamais médité, il est né avec un système nerveux très raffiné, et il ne lui restait que quelques gros stress qui bloquaient l’expérience de la conscience pure et son maintien permanent. Son désespoir était très probablement un sous-produit de l’élimination de son dernier stress. Lui-même ne l’a jamais su !

 

Cet exemple montre qu’il convient d’être prudent dans le choix d’un “maître” ou d’une technique. L’état d’illumination d’une personne ne garantit en aucune manière qu’elle pourra vous guider vers l’illumination, tout simplement parce que si cette personne n’a pas emprunté le chemin (la méditation) dans cette vie, elle ne comprend pas les mécanismes du raffinement physiologique vers l’illumination.

 

C’est le cas d’Eckart Tolle qui tâtonne toujours pour trouver des techniques et qui se heurte sans cesse à une interprétation erronée de ce qu’il dit. Un exemple est l’expression “vivre le moment présent”. Pour lui c’est simplement sentir la plénitude de l’état d’Être qui est automatique en conscience cosmique et totalement inconnu pour qui n’a pas transcendé les pensées.

 

C’était le cas pour Krishnamurti qui a entendu toute sa vie les mêmes questions… les gens qui l’écoutaient ne comprenaient pas. Evidement puisqu’il parlait d’un état de conscience qui leur était inconnu.

 

A l’occasion l'auteur écrira d’autres articles sur les états de conscience supérieurs, les sciences védiques…

 

Donc, abonnez-vous  à  Sagesse Védique!

 

 

Bertrand Canac

Professeur de méditation transcendantale

 

Avec l'aimable autorisation de Sagesse Védique

 

qu'est-ce que la conscience?

22/12/2020

qu'est-ce que la conscience?

La conscience est tout ce qui est.
Rien d’autre n’existe que la conscience.


La conscience est comme la lumière qui permet de voir. Elle est partout, rien n’existe sans elle. En terme religieux, elle est la lumière de Dieu.

 

La conscience est comme la sève dans une plante. Elle prend la forme des tiges, feuilles, pétales… tout en restant la sève. Seule la sève véritablement existe. Elle est la vie de la plante.

 

On peut aussi la comparer à l’océan. La réalité du monde est un océan de conscience en mouvement. Les vagues à la surface (le monde relatif) vont et viennent, apparaissent et meurent. Seul l’océan est immuable, illimité.

 

La conscience est non manifestée, et source du monde manifesté.

 

Elle est le champ unifié de la physique quantique.

 

Ce qu’on perçoit comme notre conscience est comme un faisceau lumineux de la conscience cosmique dirigé vers l’objet de perception ou les pensées.

 

Conscience cosmique et individuelle


En réalité la conscience individuelle n’existe pas. Seule la conscience cosmique existe.

 

Pour être plus précis ; puisque la conscience (cosmique) s’exprime dans la multitude des structures individuelles, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, on peut dire que chaque structure individuelle est consciente, dans une certaine mesure… Et cette mesure dépend de la complexité de son système nerveux qui est un “réflecteur” de la conscience.

 

Même si cela ne saute pas aux yeux, un atome, une cellule, une pierre, ont une sorte de système nerveux, rudimentaire.

 

Dans le cas du système nerveux de l’homme, il est si complexe, si abouti, qu’il a la capacité de réverbérer de la conscience cosmique dans sa totalité.

 

De là la phrase “Dieu créa l’homme à son image…”.

 

La capacité inégalée du système nerveux humain est de pouvoir soutenir simultanément l’expérience d’une conscience localisée (l’esprit qui pense et perçoit les objets de sens), et l’expérience de la conscience elle-même, non localisée, cosmique.

 

Le cerveau humain est la plus belle bénédiction du créateur”
– Maharishi.

 

Le cerveau humain est le hardware de l’ordinateur cosmique.

 

Des recherches toutes récentes montrent d’ailleurs une similitude frappante entre la structure du système nerveux humain et la structure de l’univers.

 

Science et technologie de la conscience


Depuis des temps immémoriaux, les maîtres de la tradition védique ont transmis la technique qui permet à l’esprit de s’apaiser complètement et de faire l’expérience son état silencieux. Dans cet état silencieux, l’esprit (limité et orienté) devient la conscience (illimitée et autoréférente).

 

Seule cette expérience de la conscience pure, la conscience qui se connaît elle-même (autoréférente) a le pouvoir :

 

  1. de réparer toutes les imperfections du système nerveux causées par le stress et les tensions,
  2. de permettre au système nerveux de fonctionner à son plein potentiel.


Ceci parce que c’est la seule expérience qui anime le fonctionnement total du cerveau, d’une façon parfaitement homogène et cohérente.

 

 

Ce mode de fonctionnement unique est mis en évidence par un très haut niveau de cohérence EEG dans tout le cerveau.

 

Par la pratique régulière de cette technologie de la conscience, la nature illimitée et parfaitement silencieuse de la conscience n’est plus perdue, ni pendant l’activité dynamique, ni même pendant le sommeil profond. On est alors conscient à la fois de la conscience illimitée et des expériences limitées (sensorielles, pensées…).

 

Cet état de conscience est appelé conscience cosmique, ou nitya samādhi, ou nirvana.

 

C’est l’état de conscience naturel de l’être humain adulte.

 

La technique ancestrale qui permet à l’esprit de s’apaiser complètement et de transcender les pensées est connue dans les textes du Yoga sous le nom de dhyāna. Elle a été transmise dans toute sa pureté par le sage Maharishi Mahesh Yogi sous le nom Méditation Transcendantale et forme la technologie principale d’une véritable science de la conscience.

 

Dès les premiers jours, les personnes qui apprennent cette technique complètement naturelle, font l’expérience d’une expansion de la conscience qu’ils identifient spontanément à leur propre Être, Soi, conscience. "C’est comme revenir à la maison” disent certains.

 

Si cette simple technique était pratiquée par tout le monde, la qualité de la vie sur terre serait incroyablement plus belle et harmonieuse.

 

Nous serions la conscience.

 

 

 

Bertrand Canac

Professeur de méditation transcendantale

 

Avec l'aimable autorisation de sagessevedique

 

 

 

huiles essentielles antivirales

29/10/2020

huiles essentielles antivirales

Les huiles essentielles agissent efficacement sur tous les virus, alors que la médecine chimique est encore souvent désarmée.

 

Les virus sont très sensibles aux molécules aromatiques. Certaines pathologies virales graves sont très nettement améliorées par les huiles essentielles. De plus, les cellules saines deviennent très résistantes aux virus.

 

 

 

Attention!


Certaines huiles essentielles doivent être utilisées avec discernement et précaution. Notamment celles à phénols ne doivent pas être inhalées. Elles peuvent être toxiques pour le foie et très irritantes pour la peau !

 

Les huiles essentielles ci-dessous sont sûres si vous suivez les conseils d’utilisation.

 

Sélection d’huiles essentielles pour épidémies ORL virales, grippe…


Ravintsara

 

Voie cutanée : 3 gouttes à répartir dans le bas du dos, le long de la colonne vertébrale et sur le thorax, 4 à 5 fois par jour, jusqu’à amélioration.
Voie orale : 1 goutte dans une cuillère à café de miel ou d’huile d’olive ou sur un sucre, 4 fois par jour, jusqu’à amélioration.


SYNERGIE
Réservée aux + de 6 ans. À renouveler 6 fois par jour pendant 2 à 3 jours. Déposer 3 gouttes de ce mélange sur le thorax et sur le haut du dos :

60 gouttes d’huile essentielle de Ravintsara
40 gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus Radiata
20 gouttes d’huile essentielle de Laurier Noble
40 gouttes d’huile essentielle d’Épinette Noire


Eucalyptus Radiata

 

Voie orale, 2 gouttes pures sous la langue, 4 fois par jour pendant 2 jours.
Inhalation, 1 grande inspiration directement au-dessus du flacon ouvert, 4 à 6 fois par jour.


Thym à Thymol

 

Voie cutanée, diluez 1 goutte de Thym à Thymol dans 20 gouttes d’huile végétale à appliquer sur la plante des pieds, 2 à 3 fois par jour pendant 4 à 5 jours.
Voie orale sur avis médical, diluez 1 goutte de Thym à Thymol dans une cuillère de miel, et ingérez 3 fois par jour pendant 5 jours maximum.


Tea Tree

 

Voie cutanée, 1 goutte dans 4 gouttes d’huile végétale à appliquer sur le thorax 4 fois par jour pendant 5 à 7 jours.
Voie cutanée, 1 goutte diluée dans 9 gouttes d’huile végétale à appliquer sur le thorax 4 fois par jour pendant 5 à 7 jours.


Eucalyptus globulus (spécialiste de la sphère ORL)

 

Voie cutanée, 1 goutte diluée dans 4 gouttes d’huile végétale sur le thorax, 3 à 4 fois par jour pendant 5 à 7 jours.


Thym à Thujanol

 

Voie orale, 2 gouttes mélangées à du miel, 3 fois par jour, pendant 3 à 5 jours.
Voie cutanée, diluez 1 goutte dans 9 gouttes d’huile végétale à appliquer sur le thorax et le long de la colonne vertébrale 3 fois par jour pendant 3 à 5 jours.


Niaouli

 

Voie orale, 2 gouttes sur un comprimé neutre, 3 fois par jour pendant 5 jours.
Voie cutanée, diluer 1 goutte dans 9 gouttes d’huile végétale, à masser sur les poignets, le plexus solaire et la plante des pieds.


Pour assainir l’air


Citron ou pamplemousse

 

En diffusion, environ 30 minutes.
SYNERGIE

40 gouttes d’huile essentielle de Pamplemousse
20 gouttes d’huile essentielle de Ravintsara
20 gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus Globulus
20 gouttes d’huile essentielle de Citron


Pour booster l’Immunité


Ravintsara

 

Voie cutanée : 3 gouttes sur les poignets et respirer profondément, en prévention, une fois par jour, pendant les périodes à risques. Faire une pause d’une semaine après trois semaines d’utilisation.


SYNERGIE

 

À renouveler 3 fois par jour entre 1 et 3 semaines. Appliquer en massage 3 gouttes du mélange sur le thorax et 3 gouttes sur le dos :

100 gouttes d’huile essentielle de Ravintsara
30 gouttes d’huile essentielle de Tea Tree
10 gouttes d’huile essentielle de Thym à Thymol
30 gouttes d’huile essentielle de Citron


Appliquer en massage 3 gouttes du mélange sur le thorax et 3 gouttes sur le dos. Renouveler l’application 3 fois par jour entre 1 et 3 semaines.

 

Informations tirées de l’excellent site : compagnie-des-sens.fr

Pour des huiles essentielles de très haute qualité sélectionnées par l’Ayurveda Maharishi : vedaroma.eu

 

 

Bertrand Canac

Professeur de méditation transcendantale

 

Avec l'aimable autorisation de sagessevedique

 

 

 autobiographie d'une pilote non ordinaire - la vie sattwique en ashram

07/10/2020

 autobiographie d'une pilote non ordinaire - la vie sattwique en ashram

 

La vie sattwique en ashram - Extraits

 

Parler des mois passés à Bihar Yoga Bharati, c’est un peu comme parler d’un voyage interplanétaire inconcevable, c’est comme si l’on voulait mettre le cosmos dans une minuscule bouteille. Mais ça ne fait rien, essayons…

 

BYB est la première université mondiale du yoga. Lorsqu’on y séjourne, on se rend compte qu’elle n’a d’une université que le nom et la forme. 

 

Le fond lui… ah… le fond, semble sans fond…

 

D’ailleurs y a-t-il un fond ?

 

Le fond est infini, le fond, c’est l’infini.

 

Voyons.

 

Le nom : université de yoga du Bihar. (BYB : Bihar Yoga Bharati, en hindi). La forme : des bâtiments carrés, des professeurs nombreux, indiens et étrangers, une administration aux rouages incroyablement lourds, des étudiants de toutes nationalités et des diplômes reconnus par l’État indien comme faisant partie du cursus universitaire. Le yoga est en effet une véritable science et swami Niranjan, à cette époque directeur de l’université, met tout en œuvre pour le faire savoir au monde occidental. On est bien loin des idées farfelues d’un yogi tout nu sur une planche à clous ! À Munger, le yoga, c’est du sérieux et ça s’étudie.

 

Cependant, BYB n’est pas une université comme les autres et de loin. Pourquoi ? Le fond justement. Le fond sans fond, c’est la présence du satguru, le maître spirituel. C’est la dimension spirituelle de l’éducation dispensée dans le lieu qui change tout. Car si le travail externe, scolaire est important, le travail interne, travail sur soi, l’est autant sinon plus. Et avoir l’immense chance de pouvoir faire ce travail d’évolution personnelle sous la guidance directe du satguru, c’est un privilège qui n’a pas d’égal sur toute la planète. C’est la clé qui ouvre toutes les portes et apporte tous les trésors. Peut-être ce que l’on appelle bénédiction ?

 

Le maître spirituel nous donne l’opportunité de devenir ce que nous sommes vraiment. Il nous aide, nous guide, nous tient la main si nous le souhaitons, quand nous le souhaitons, dans ce travail difficile et ardu de nettoyage, de purification du mental, afin de débarrasser de notre être les fonctionnements parasites, les conditionnements obsolètes, pour que se révèle un jour notre véritable nature. Tout simplement.

 

Tout simplement et pourtant pas si simple ! Car il est un obstacle de taille à l’éclosion de notre être intérieur, c’est l’ignorance de ce que nous sommes. Avidya en sanscrit. Cette ignorance est tellement puissante qu’elle est, selon le sage Patanjali, la première cause de nos souffrances. Alors que notre réelle nature, celle qui dure au travers des vies et des morts, est immatérielle et spirituelle, nous croyons que nous sommes l’ego et son cortège éphémère.

 

Nous nous identifions au corps physique qui périt, nous nous accrochons aux émotions qui dévastent, nous nous battons pour des convictions qui séparent en pensant suivre notre libre-arbitre. Alors que notre mental, conditionné depuis des lustres, nous mène par le bout du nez sans que nous sachions comment, car nous ne savons pas ce que nous sommes.

 

Et lorsque nous découvrons que, derrière ces masques, derrière ce voile, existent un univers différent, d’autres dimensions de l’être, impalpables et incontournables, le monde connu dans lequel nous évoluions jusque-là subit des secousses sismiques pouvant occasionner des épreuves cataclysmiques. C’est le chemin de transformation. Il consiste à apprivoiser ego et ses peurs ; il consiste à comprendre le fonctionnement de ce cortège qui l’accompagne, mental, mémoires, émotions etc. afin de le rééduquer, de le reprogrammer selon la connaissance vraie ; alors l’ego purifié, allégé, bonifié, peut travailler en harmonie avec notre nature profonde intemporelle. C’est l’accord, l’union.

 

Forcément cette route inconnue fait peur. C’est l’ego qui a peur. Car la peur est du registre de l’ego. L’âme ne connaît pas la peur, l’âme est « non-peur » par excellence. C’est au fur et à mesure que l’on avance sur ce chemin illuminé, parsemé pourtant de mille embûches souvent douloureuses, que l’ego s’assouplit et comprend qu’il a en fait tout intérêt à suivre la voie de l’union. Au fil du travail, au fil du temps et grâce au guidage tellement subtil du maître spirituel, les peurs se dissolvent et l’ego se remplit d’une confiance qui pourrait bien s’appeler lumière. C’est ainsi que le voyage spirituel est pour moi le plus beau qui soit. La découverte des trésors intérieurs ne cesse jamais, l’interaction subtile avec ce qui est derrière le voile de la manifestation est constamment présente. À chaque instant si l’on est attentif, de précieux enseignements surgissent qui permettent de capter l’essence de la vie ; cela est une source de joie profonde à nulle autre pareille.

 

J’ai ce privilège, aussi ma gratitude est-elle sans limite.

 

Pour le moment je ne suis qu’au début du voyage dont je ne mesure même pas l’ampleur et le mental ne manque pas une occasion de réagir fortement selon sa loi de base : « j’aime ou j’aime pas ». Je découvre la vie yogique, dont l’emploi du temps chargé et précis me surprend. Je comprends peu à peu qu’au-delà de la gestion de quelque cinq cents étudiants, professeurs, employés et administrateurs, ce planning dense, vécu avec l’attention consciente qui éloigne toute dispersion, opère, par une alchimie subtile, la transformation ; cela grâce à l’attitude essentielle du karma yogi dont un des atouts majeurs est d’être présent dans l’action sans attachement aux résultats.

 

Dans le yoga, il est dit que « la fougue, la passion, l’attraction puissante et rapide sont de nature rajasique et vouées à une extinction douloureuse à plus ou moins long terme ». Tandis que « l’attraction modérée, l’action pesée et réfléchie, l’intérêt dénué de passion ou de fougue sont de nature sattwique et ont de grandes chances d’induire un bonheur serein et durable tout au long du chemin ».

 

Que ma vie ait été jusqu’à présent mue par l’énergie rajasique est une première constatation évidente. D’où probablement les crashs à répétition. Aussi, en tant qu’apprentie yogini bien disciplinée, j’essaie d’intégrer sattwa à ma vie. Ça tombe bien, la vie d’ashram est complètement sattwique : pas vraiment attirante avec des contraintes à tous les niveaux, elle n’engendre ni passion ni fougue et me fait plutôt piétiner d’impatience ou rager d’impuissance. Se lever si tôt, nettoyer les toilettes, les douches, éplucher les légumes, les couper en dés puis en long, et puis encore en dés car les swamis en charge changent d’idées… Et puis ramasser des feuilles capricieuses dans les jardins sans fleurs ou empaqueter des livres dans un local poussiéreux et puis et puis... tant d’actions apparemment sans aucun sens qui me font tourner en bourrique car le mental (qui n’aime pas) râle, résiste et se plaint. Pourtant, lorsque ces résistances lâchent, c’est magique. Tout devient fluide et sattwa prend place. Les questionnements stupides disparaissent, l’action coule sans hésiter. Comme si la vie devenait une évidence limpide. C’est sattwa qui donne cette sensation subtile d’accord, d’harmonie. Fabuleuse découverte !

 

Sattwa en fait, c’est la qualité d’énergie qui nous permet de voir par la lunette de l’âme, par l’intuition, par le troisième œil, de voir par le silence, de savoir sans avoir appris, de connaître sans avoir étudié. Sattwa, c’est la qualité d’énergie de la pure conscience, au-delà de « j’aime » ou « j’aime pas », au-delà de la dualité. Aussi le travail de l’aspirant yogi est-il de mettre du sattwa dans sa vie, comme un cuisinier saupoudre son plat d’épices savantes…

 

 Sattwa se trouve aussi dans l’énergie du petit matin, lorsque tout est calme, sous le voile du sommeil enveloppé de rosée : l’immobilité de la création, avant le lever du soleil, avant même que le jour n’arrive. C’est un de mes moments privilégiés : vers 4 heures du matin, les yeux encore dans les rêves, le corps m’appelle pour sortir subrepticement de la chambre et aller vers un lieu secret repéré pour mon sadhana. Alors je marche dans la fraîcheur nocturne en total silence et, bien souvent, je m’arrête, juste pour écouter, juste pour recevoir, juste pour sentir, ce miracle.

 

Le silence.

 

Et l’immobilité.

 

De tout.

 

Certains matins, je peux même sentir cette pulsation de l’Univers que j’ai pu découvrir par le hublot de mon avion une nuit de vol sur l’Europe. Alors les pétales de fleurs frissonnent, les branches des arbres tremblent, leurs racines vibrent, les étoiles dans le ciel pulsent avec l’éther qui contient tout l’Univers. Je sens la présence qui habite toute parcelle de la création. C’est un bonheur au-delà des mots.

 

 

 

Autobiographie d'une pilote non ordinaire

 

Avec l'aimable autorisation de Mirabelle Forsythia

 

 autobiographie d'une pilote non ordinaire - rikhia et le sat chandi maha yajna

05/10/2020

 autobiographie d'une pilote non ordinaire - rikhia et le sat chandi maha yajna

 

Rikhia et le Sat Chandi Maha Yajna - Extraits


Riz sauté, flocons légers, thé noir serré, ce nasta me réconcilie avec la vie, puis c’est le plongeon. Plongeon dans l’activité, plongeon dans le karma yoga, l’action en conscience, l’action sans attente, plongeon dans le seva, service aux autres, service désintéressé. Plongeon aussi dans l’immense foule bigarrée, composée tant d’Indiens que d’étrangers venus de tous pays aider aux préparations du grand festival tantrique qui approche, le Sat Chandi Maha Yajña. Il semble que de ce plongeon je ne sois jamais ressortie.


L’activité est intense, fébrile, trépidante. Nous, les étudiants de l’université de Munger, sommes affectés à la cuisine, au service des repas. Une folie mélangée à une incroyable organisation à l’indienne. Lorsque l’heure arrive, la foule est dirigée de façon parfaitement fluide par les jeunes batouks et kannyas, dont nous reparlerons bientôt, de manière que chacun s’assoie sur les tapis installés sur le gazon du grand Alakh Bara. Devant chaque invité ont été déposés une assiette et un petit bol en feuille de bananier, ainsi qu’un minuscule verre en terre cuite. Point de couverts puisque nous mangeons avec les doigts en Inde. Notre tâche, à nous les étudiants sevak1 est alors de passer le long des interminables rangées de convives bariolés en portant les seaux inépuisables de nourriture, munis de grosses louches pour servir tout un chacun de dhal, riz, sapji. Tout cela sous l’œil vigilant et la guidance parfois chaotique des différents swamis en charge, les responsables coordinateurs, dont les instructions souvent contradictoires sèment régulièrement un vent de panique dans les rangs des sevaks. Qu’à cela ne tienne ! Cela fait partie du jeu !


Autant dire que nous ne nous ennuyons pas dans notre karma yoga-seva. Car le service devient rapidement non stop du matin au soir, vu la foule qui ne cesse d’affluer à l’ashram. Le début du Sat Chandi Maha Yajña approche et certainement plus de mille personnes déjà défilent quotidiennement pour prendre les repas. Servir me plaît totalement. Les regards de l’un à l’autre deviennent comme une danse magnifique unissant tout un chacun par ce lien d’amour universel dont j’ai reçu quelques étincelles, alors un baume s’étale dans mon cœur qui me fait planer dans des espaces de félicité bienheureuse ; et lorsque mon regard croise celui d’un ami yogi aussi euphorique que moi, nos yeux confirment : cette expérience sublime est l’amour qui unit tous les êtres, l’amour d’Anahat, le cœur de l’Univers ! À Rikhia, l’amour inconditionnel est palpable et nous le touchons avec nos cœurs.


Abandonnant alors toute résistance, plongeant dans la danse du seva sans compter, donnant sans relâche et sans attente, je me laisse porter et cet amour devient expérience. Bonheur indescriptible. La foule bigarrée aux mille visages inconnus devient manifestation d’amour. Servir une louche de sapji dans une assiette en feuille de bananier, recevoir le regard souriant du vieil homme satisfait ou de l’enfant content, sentir cette union entre tous les êtres présents ici, qui n’ont pour autre but que de servir, c’est une découverte d’une puissance non encore explorée. La sensation de oneness… Unité, union… Nous sommes un.


Serve – Love – Give


Sers – Aime – Donne


La clé du yoga de Shivananda. La clé qui ouvre le cœur. C’est tout simple et facile. Il suffit de s’y abandonner… Tout malaise a disparu à présent, je me lève chaque matin comme s’il y avait un ressort dans mon lit qui me propulse dehors pour servir. Ouverture, c’est l’ouverture qui continue…

Et bientôt le Sat Chandi Maha Yajña commence. Cette fois plus de seva. Suivre le programme autant que nous le souhaitons, telle est la consigne. Aussi, dès le premier matin alors que le soleil se lève à peine sur l’Alakh Bara, je me précipite à l’entrée, où je retrouve de nombreux autres aspirants, impatients comme moi de vivre ces moments inconnus. La porte s’ouvre, nous entrons. Les jeunes kannyas, certaines hautes comme trois pommes, d’autres jeunes adolescentes aux corps graciles, dessinent avec un sourire candide au milieu nos sourcils, le point rouge des Indiens symbolisant le troisième œil, la conscience, Shiva. Une mélodie de flûte aérienne baigne la place d’une atmosphère céleste. Des tapis verts sont étendus partout, une estrade colorée, décorée par des centaines de fleurs, rubans et tentures, trône au centre de l’espace lumineux. L’activité est intense, partout des sevaks s’affairent aux dernières finitions. Guidés d’une façon parfaitement fluide par les kannyas, les centaines de participants s’installent dans un respect tangible picoté d’une excitation enfantine. Les sourires des uns aux autres en disent long. La plupart ont parcouru des milliers de kilomètres pour se joindre à ce programme hors de tout ce qui est connu. Et moi je suis là, invitée privilégiée de l’université de Munger, comme si la grâce m’avait portée dans ce lieu où tout est émerveillement.


Ces kannyas et batouks sont des jeunes enfants que swami Satyananda a adoptés. Enfants des villages de la région immensément pauvre du Bihar, ils seraient restés sans vêtements, sans même manger tous les jours et bien sûr sans aucune éducation. Paramahamsa Satyananda, en étendant ses grands bras d’amour, les a pris sous sa protection. Commençant avec cinq cents kannyas (les filles), il a continué avec cinq cents batouks (les garçons) qui ont entre cinq et douze ans en 2001. Les enfants partagent leur journée entre la bicoque parentale, où ils aident aux divers travaux de base, et l’ashram, où ils reçoivent à manger trois fois par jour (dans leur village c’était à peine une fois par semaine) ainsi que des vêtements, des soins, une éducation dispensée par des swamis résidents et, plus que tout, ils reçoivent la grâce de Paramahamsaji. Mais cela je ne le comprends pas encore. Pour le moment je vois de jeunes enfants indiens s’amusant comme des fous à guider les étrangers souvent maladroits et trop gourmands de tout, notamment d’espace. Comment nous installer par centaines sur des surfaces si réduites ? Il nous faut plier nos jambes, serrer nos corps encore et encore, afin que chacun puisse prendre place. Et, lorsque nous sommes recroquevillés au maximum, il nous faut encore nous compresser car d’autres vont arriver !


Depuis que je suis en Inde, cette différence flagrante me percute de plein fouet, entre nous, les Occidentaux du monde riche et moderne, et les Indiens, effacés, humbles et contents. Nous prenons tout sans être jamais satisfaits de ce que nous avons, nous désirons toujours plus de tout. De nourriture, de thé, d’espace… Alors j’ai honte. J’ai honte de boire une énorme chope de thé alors qu’un Indien sera content avec un minuscule verre. J’ai honte de transporter partout mon sac rempli d’accessoires inutiles qui prennent de la place alors qu’un Indien se promène sans rien et s’assoit sans bruit comme dans un mouchoir… J’ai honte mais je n’y peux rien. Je suis occidentale. Je ne savais pas. Je ne savais pas ce que Paramahamsa Satyananda va résumer en ces quelques mots : « Ce qu’un Indien consomme en un an en énergies, nourriture, eau, vêtements, électricité, etc., un Occidental le dissipe en un jour. »


À Rikhia je découvre le monde tel qu’il est. Ce que je ressens depuis toujours, sans pouvoir le cerner, l’Inde me le montre avec une acuité redoutable : ce déséquilibre flagrant, monstrueux qui se creuse tous les jours entre pays riches, cages dorées, hôtels cinq étoiles, supermarchés dégoulinants, et pays pauvres, manquant de tout surtout de l’essentiel comme d’un repas par jour, d’eau, de couvertures, d’abris… Ce déséquilibre indécent entraînant l’humanité à sa perte est, en Inde étalé sous mes yeux. Et je suis sous le choc. Notre minuscule minorité de gens aisés, voire riches, consomme toutes les ressources de la planète alors qu’une immense majorité d’êtres humains est en manque de tout.


Nous avons oublié de partager.


Le programme du Sat Chandi Maha Yajña devient pour moi une gigantesque prise de conscience et l’expérience qui me transformera pour le meilleur, sans possibilité de retour. Enfin !

 

 

 

Autobiographie d'une pilote non ordinaire

 

Avec l'aimable autorisation de Mirabelle Forsythia

 

 autobiographie d'une pilote non ordinaire - belgique et le yoga

05/10/2020

 autobiographie d'une pilote non ordinaire - belgique et le yoga

 

Belgique et le yoga - Extraits


Bruxelles. Changement de décor. Métropole nouvellement européenne. Hôtel de luxe et compagnie aérienne. De nouvelles procédures, un nouveau Manex, de nouvelles SOPs : étude, entraînement simulateur, tests, puis en ligne. Adaptation au réseau, questions, réponses, re-tests puis lâchée. Tout est expédié à la vitesse de la lumière et me voilà propulsée dans un ciel de folie…


Nous ne sommes plus dans l’immensité bleue, à passer un message radio toutes les heures en train de survoler nonchalamment des chapelets d’îles paradisiaques. Dès les premiers vols, je suis terrassée par le trafic, la vitesse et la radio. Nous changeons de secteur radar toutes les trois minutes et passons notre temps à échanger des messages codés. Il y a des milliers d’avions dans le ciel, partout, à gauche, à droite, en haut, en bas ; on se croise, on se chevauche, on se superpose, on se suit à quelques secondes d’intervalle, à plus de huit cents kilomètres heure. Quel est ce monde ?


Je découvre l’aviation en Europe. Et ça ne me plaît pas du tout. Où est le pilotage ? Où est le vol ? Plus aucune liberté dans ce ciel barbelé. C’est le règne du stress et de la pression car, en plus, il faut aller vite, gagner du temps pour faire gagner de l’argent à la compagnie, en consommant moins de pétrole. Challenges de chaque instant : embarquement passagers, turnover le plus rapide, point de répit, point de repos. Des vols à un rythme cassant, fulgurant, encore jamais vécu. Jours nuits, nuits jours, je vis et dors dans les cockpits tandis que montent les tensions dans la nuque et les épaules. Les navires célestes devenus autobus radarisés m’emportent dans un ciel hérissé de dangers, où la moindre digression peut être fatale. Moi, je voulais voler. Juste voler. Dans les horizons illimités où les mers se mêlent dans une brume cotonneuse, au ciel... Le pur plaisir de voler se désintègre...

Heureusement je ne suis que de passage dans cette galère. Le temps de gonfler mon compte en banque, le temps aussi de quelques expériences totalement inattendues et assez déroutantes... Peut-être ma véritable raison d’être ici ?


Première semaine de mon séjour à Bruxelles : installée sommairement dans un hôtel gris et sombre pour hommes d’affaires sans goût ni finesse, je tombe dans un profond désespoir, je ne comprends plus rien à rien. Je m’assoie sur la moquette rugueuse et, le visage couvert de larmes, je questionne ardemment l’univers… « Mais enfin, c’est quoi l’amour ? » Car mon prince à la cabane près de la rivière me manque cruellement. Pourquoi l’ai-je quitté ? Cette fois je n’ai personne à accuser de nous avoir séparés. Tous deux libres comme l’air, nous avons pourtant stoppé net notre romance à peine ébauchée... Pourquoi ?


« C’est quoi l’amour ? Dis-moi Univers ! Dis-moi ! » Soudain arrive une image : des milliers de bulles excessivement brillantes sont liées par des cordons de lumière étincelante et un message fulgurant éclate : « L’amour, c’est ce qui relie tous les êtres. » Toute l’image est imprégnée d’une blancheur époustouflante et la phrase énigmatique me parvient très clairement : « L’amour, c’est ce qui relie tous les êtres. »


Je reste un temps hébétée, en contemplation devant cette image, devant ces signes qui, bien que mystérieusement apparus, me semblent parfaitement limpides. Le gris de ma chambre est éclipsé, la lumière seule, luit, avec l’amour : Ce qui relie tous les êtres… Une mégaremise en question s’opère dans les coulisses du mental, ajustements subtils. Mes histoires de princesses et de princes charmants se désagrègent. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. L’amour est bien plus que cela. C’est fort, ça vient d’une source, de La Source.
*
Plus tard, alors que je contemple en rêvassant mes valises posées depuis peu dans un meublé de Zaventem avec vue sur l’aéroport, le bleu passé du lit, le jaune terne des rideaux, la béance muette de l’armoire, la platitude immobile de la table m’arrosent d’une douche glaciale : le vide de ma vie de pilote nomade et solitaire éclate, douloureux. Que fais je dans cette vie dépourvue de sens ? Après quoi est-ce que je cours ainsi ? D’un seul coup je sombre dans un puits noir sans fond, aspirée par le tourbillon de mes pleurs.


Brusquement, une fusée s’allume en bas de ma colonne vertébrale ; une explosion de feu ascendante et brûlante qui, lorsqu’elle arrive en haut de ma tête, éclate comme un champignon nucléaire, un énorme chou-fleur, qui bouillonne, s’étale, s’étire et bouillonne encore. Toute notion d’espace disparaît. Je ne vois que le chou-fleur au-dessus de ma tête, qui tempête et se projette, d’ailleurs je n’ai plus de tête. Je ne sens que le flux de cette fusée dans mon dos, comme un jet extrapuissant d’énergie lumineuse. Mais bien sûr je n’ai plus de dos, je n’ai plus de corps. Ça dure, ça dure, ça dure, mais je ne sens plus le temps, je ne perçois que la colonne d’énergie qui pousse et la fleur-chou-fleur qui fulmine !


Puis, à un moment donné, ça disparaît. Je reste choquée, interpellée par cet événement étrange. C’est bien plus tard que je comprendrai…

« Le cours le yoga, c’est bien ici ?
– Bonjour, oui c’est là, entrez !
– Je m’appelle Mirabelle Forsythia, j’ai appelé ce matin.
– Oui, bien sûr, je suis André, bienvenue Mirabelle, le cours commence dans une dizaine de minutes, installez-vous, soyez confortable ! »


Ce fut ma priorité, une fois les impératifs professionnels terminés : trouver un cours de yoga. Et me voilà dans une salle plutôt étroite et basse de plafond, au dernier étage d’une bâtisse bruxelloise. Yoga et Harmonie. Le nom me plaît. Les fenêtres sont masquées par des rideaux beiges qui semblent absorber tous les bruits, un parfum d’encens flotte dans l’air, une atmosphère bienfaisante. Bientôt d’autres étudiants arrivent, me saluent d’un sourire paisible. Je me sens bien, comme à la maison. Sauf que je n’ai pas de maison. Alors comme chez Jaya à la Réunion.


Le cours commence et j’apprécie immédiatement l’enseignement d’André. Asanas profondes, mouvements précis, pranayamas intenses et encore des relaxations à la fin. J’adore. De plus André ponctue ses instructions de petites phrases qui éclairent nos mouvements d’une dimension philosophique. La profondeur du yoga, que je pressens depuis le début, cette caverne d’Ali Baba aux mille merveilles, continue de dévoiler ses bienfaits pour mon plus grand bonheur. Ainsi je peux garder intense la connexion nouvellement établie tout en poursuivant mes trépidantes activités professionnelles. Car les vols en Europe tiennent réellement d’un délire qui n’a plus rien à voir avec la passion que j’ai pour mon métier. Mais j’assure. J’ai mon objectif. Dans quelques mois, quelques semaines, l’Australie.

Rapidement cependant, entre mes échecs sentimentaux et une vie décalée à l’excès, je sens le besoin de parler avec André, qui me propose son aide sous la forme de travail sur soi. Tiens ? C’est quoi ? Cela semble être exactement ce dont j’ai besoin alors que les douleurs de mon corps s’entrechoquent avec celles du cœur dans un chaos incohérent auquel je ne comprends décidément rien. Je voulais seulement être heureuse, moi ! Est-ce donc si compliqué ?


Un rendez-vous est pris avec André et me voilà le jour dit dans la petite salle sous les combles du vieil immeuble. Je m’assoie à un angle sur un joli coussin brillant. André est dans l’autre coin, à deux ou trois mètres de moi, sur une couverture marron, en position du lotus. Il m’accueille avec un sourire bienveillant. Un châle vert pâle enveloppe son corps trapu et, d’un signe, il m’invite à me couvrir avec un autre châle bleu ciel plié à mes pieds. C’est qu’il ne fait pas si chaud ici. Des bougies sont allumées et un bâtonnet d’encens dégage une senteur apaisante. Cannelle ? Santal ? Je ne sais mais je suis vraiment bien. La lumière est douce, tamisée par les rideaux beiges qui masquent les immeubles voisins. Aucun bruit n’arrive de la rue et des volutes de fumée décrivent de fines arabesques immatérielles.


On chante Om trois fois. C’est bien. Je ne sais pas ce que c’est mais ça me plaît Om, ça fait vibrer toute ma tête et mon cerveau, comme si ça rangeait tout à l’intérieur en calmant l’agitation. Puis André m’engage gentiment à parler de ce que je veux, n’importe quoi, ce qui vient. J’ai un petit moment d’hésitation : je n’ai pas l’habitude qu’on m’invite comme ça à parler si ouvertement de moi ou de n’importe quoi. Mais bien vite les mots sortent tous seuls. Les enfants… les grossesses… Et bientôt il n’y a plus que des larmes, des océans de larmes… André ne dit rien. Il me laisse pleurer, approchant des mouchoirs, me laissant sentir que je suis en totale sécurité. Puis doucement, je parle...

 

 

 

Autobiographie d'une pilote non ordinaire

 

Avec l'aimable l'autorisation de Mirabelle Forsythia

 

 autobiographie d'une pilote non ordinaire - caledonie: Pilote de Boeing !

03/10/2020

 autobiographie d'une pilote non ordinaire - caledonie: Pilote de Boeing !

 

 

Calédonie: Pilote de Boeing! - Extraits


Une vie de rêve commence alors pour moi. Je vole sur le Boeing, au-dessus des paysages époustouflants de beauté du Pacifique, à un rythme qui me permet de découvrir une des régions les plus splendides de la Terre et lorsque mon hôte et ses enfants s’envolent finalement vers la France, je m’installe à Vallon Doré, près de Nouméa et de l’océan, dans une maisonnette en bois peint entourée de fleurs tropicales. Meubles en bambous et tentures orientales, me voici dans mon cocon. Incapable de rester en place, je me donne de nouveaux challenges sportifs qui prennent la suite des challenges professionnels. Marche, nage, vélo, mon corps a retrouvé sa forme, alors je le pousse à fond, oubliant déjà mes fragiles résolutions ainsi que les conseils de mon ami l’arbre : je grimpe des côtes raides sur la première vitesse du vélo en transpirant sous le soleil impitoyable réverbéré par le sable blanc tout en observant de temps à autre le sommet visé : « J’y arriverai ! Oui, j’y arriverai ! Je suis un guerrier ! »


C’est mon leitmotiv. J’avais décidé d’être pilote, je suis devenue pilote. J’avais décidé de voler sur Boeing, me voilà sur le Boeing. Oui ! Je suis un guerrier ! Un guerrier qui, depuis la Guyane, depuis que se répètent tant et tant de souffrances amoureuses, depuis qu’il vit tant et tant de séparations douloureuses, a aussi imprimé dans sa tête une phrase positive qui lui donne de la force : transformer la douleur du passé en énergie des trésors acquis pour aller de l’avant. Car j’ai découvert ainsi qu’un cercle vertueux, alimenté par un effort constant de pensée positive, s’auto-engendre. Et ça fonctionne. Du moins dans une certaine mesure, car j’échappe ainsi à la dépression totale.


En fait, est-ce vraiment moi, Mirabelle Forsythia, qui ai décidé de devenir pilote, puis pilote de Boeing ? Je me le demande bien. Je croyais aussi avoir décidé de vivre avec l’amour de ma vie, tranquillement jusqu’à la fin de mes jours et je n’ai plus rien compris quand tout s’est arrêté. Les interrogations passent par flashs, mais je ne m’y arrête pas encore. Le temps en Calédonie n’est pas à la métaphysique. Je découvre que je suis dans mon élément de voyageuse toujours avide d’aventures et de découvertes grâce auxquelles je peux compenser le grand vide qui persiste dans mon cœur. Et les paysages captivants de l’île dont les étendues désertes et énigmatiques me magnétisent au plus haut point, deviennent le terrain de mes explorations solitaires. Parfois un rapace aux ailes gigantesques se pose non loin de mon vélo et me regarde. Alors je m’arrête un moment, le temps de plonger mes yeux dans les siens jusqu’à ce qu’il décide de s’envoler. Ébahie je poursuis du regard les reflets argentés qui montent dans le ciel, puis un cri, et il trace… Béate, un rien sonnée, la petite lumière au-dedans s’est rallumée.
Parfois, ce sont les amis pilotes qui m’invitent à leurs sorties familiales, en montagne, en mer ou vers les îles entourées de sable blanc et d’eau cristalline. Quoique ces escapades me ravissent, elles soulignent du même coup cruellement ma différence : cette solitude qui, malgré tous mes efforts, colle à ma vie. Quel est donc le mystère qui me cloître dans cet isolement ?


Le contact n’a pas été totalement rompu avec le champion-entraîneur volant et, lors d’un entraînement que son équipe vient effectuer entre Sydney et Nouméa, nous allons même nous revoir. Mieux, je me suis arrangée pour ramener mon héros depuis Sydney vers Nouméa, dans mon avion, en lui laissant partager les joies du cockpit. Je ne suis pas peu fière et toujours amoureuse… du moins je me le fais croire. Mais cette fois point de dérapage, monsieur le Champion restera imperturbable et moi toute perturbée !


Ainsi ma vie continue sans que je comprenne grand-chose… Je n’aime que des hommes inaccessibles et me fracasse inlassablement sur les rochers tandis que la solitude m’emporte sur ses ailes, toujours plus loin, toujours plus haut. Parfois le vertige se glisse lorsque j’en prends conscience, car je note également qu’il est quelques hommes qui s’intéressent à moi, libres ceux-là, mais je les ignore, comme s’ils n’existaient pas. Pourquoi ? Je questionne les étoiles, mes fidèles amies. Mais elles restent muettes…

Je déménage. De plus en plus loin, à Bouraké. C’est un petit village proche de l’aéroport. Mais je ne suis ni au village ni à l’aéroport, j’ai trouvé une maison encore plus isolée, loin, très loin, au bord de l’océan, au bout de l’île, au bout du monde. Complètement isolée, absolument seule. Il n’y a rien ni personne ici que les oiseaux et la mer. Que les oiseaux et la mer. Je vais à l’aéroport avec mon auto et rentre dans ma retraite après les vols. Peu de visiteurs viendront si loin pour me voir et je n’irai à Nouméa que rarement, juste pour les leçons de tai-chi.


Petite ville de riches colons aux intérêts très superficiels, Nouméa fait se côtoyer une population très variée, pas toujours en bonne harmonie. Il y a les Caldoches, Français immigrés en Calédonie depuis plusieurs générations, les Zoreilles, Français qui comme moi sont de passage pour quelques semaines, mois ou années, et puis les Kanaks, les habitants indigènes de l’île qui vivent là depuis toujours. Ils sont rares à Nouméa, préférant garder leurs traditions vivantes dans les villages des montagnes. Le peu de contact que j’ai avec les populations révèle à mes yeux beaucoup de rivalités, de relations de pouvoir, de ségrégation, voire de racisme ou de colonialisme. La politique à cette époque est encore un sujet très délicat, suscitant passions, révoltes, colères, oppositions. L’indépendance est sur la sellette, on questionne : dans dix ans ? Des votes, des manifestations prennent place de-ci de-là, dont j’entends vaguement parler comme au travers d’un filtre, car de toutes façons les affaires de drapeaux ne m’intéressent pas. De plus le temps ne me sera pas donné pour approfondir ces découvertes…


Dans ma bulle protégée, loin des mouvements de société, je me laisse bercer par la nature grandiose. Lorsque je marche en chantant sur la plage infinie, me sentant en symbiose avec la Terre et le cosmos, des oiseaux blancs aux allures de pélicans se posent tout près de moi. Tranquilles, ils lissent de leur gros bec, leurs ailes souvent souillées de vase, tandis que l’écume des vagues lèche leurs pattes palmées collées aux rochers. Observant un invisible univers, ils semblent attendre quelque signe. Soudain, les voilà jetant des cris perçants, agitant bruyamment leurs ailes, piétinant quelques secondes la grève, et ils s’envolent patauds et splendides, vers une destination inconnue souvent au ras des flots. Je continue à chanter en les suivant du regard, parfois ils reviennent, parfois ils disparaissent. Alors j’observe les escargots de mer. Tellement cocasses, portant leur maison carapace sur leur dos invisible, ils sont roulés boulés par le ressac incessant et dansent au milieu des algues marines. Un parfum enivrant mêlé de sel, d’embruns et d’horizons lointains me saoule délicieusement et, même si mes questions lancinantes n’ont toujours pas de réponse, dans mon repère du bout de l’île je dors à poings fermés comme un bébé dans les bras de l’Univers.
*
Un jour mes parents arrivent. La compagnie est assez flexible pour arranger mon planning de telle sorte que, lors d’un vol sur Sydney, maman fasse l’aller dans le cockpit et papa le retour. Comme je suis fière ! Enfin ils voient que, toute inconsciente ou utopiste que je paraisse, je peux être aussi une bonne pilote de Boeing. Sans compter que nous reçûmes un cadeau exceptionnel lors de ce retour : alors que nous étions au point d’arrêt du milieu de piste, attendant notre tour pour décoller, nous apprenons qu’un gros Boeing 747 s’apprête à prendre son envol du bout de la piste.


« Regarde bien, papa, là-bas à gauche au fond de la piste, il arrive ! » Papa penche son grand corps entre le captain et moi pour mieux voir et assiste, comme nous, au spectacle époustouflant.


Le géant roule au loin, prend de la vitesse en grossissant rapidement. Et bientôt l’énorme jumbo devient oiseau exactement sous nos yeux : son nez se lève, ses pattes-roues multiples décollent du sol dans un fracas visible, se lâchent en vibrant grossièrement, ses ailes gigantesques ondulent, battent l’air en dansant au rythme de l’envol dans une amplitude ahurissante et, dans une légèreté qui nous laisse ébahis, l’oiseau s’envole. C’est majestueux. Ça tient du miracle. Émue je regarde papa, une petite larme perle au bord de ses yeux. Pareil pour moi. Émotion forte. Inouïe symphonie.


Mes parents partis, je retrouve mon vélo, la marche, la natation et ma solitude... Il y a bien un captain qui me plaît mais évidemment il n’est pas libre. Pourquoi est-ce que je ne rencontre pas un autre amour ? Pourquoi les hommes qui m’attirent sont-ils tous impossibles ? Pourquoi les hommes que j’attire ne m’intéressent-ils pas ? Les mêmes questions basiques reviennent et je n’ai toujours pas de réponse. J’essaie de comprendre, je cherche, j’observe. Quel est donc ce nœud qui me bloque ? À moins que ce soit un voile qui obstrue ma vision ?

 

Parfois mes comportements me font peur : un jour je crie après un ami copilote parce qu’il propose une sortie au restaurant à tout l’équipage. D’un seul coup, sans que j’aie rien pu arrêter, une colère rageuse sort de ma bouche et arrose tout le monde de cris empoisonnés, d’un venin acide que je ne peux pas rattraper, comme lorsque j’avais crié après Antoine. Je me hais. Je me sens habitée par un démon plus fort que moi, qui n’est pas moi mais qui est là, en moi. J’ai beau présenter mes excuses au copilote une fois la rage passée, cela n’ôte pas l’amertume, ni dans mon cœur ni en l’ami. Quelque chose est brisé. J’ai honte de moi. Quel est ce processus diabolique ? Il faut que je change, mais comment ? Encore des questions sans réponses…

Bientôt, je me sens à bout de ressources pour combler le vide de ma vie. Ni les vols fascinants ni les challenges sportifs n’arrivent à faire disparaître la nausée de cette solitude qui me colle à la peau comme une glue. Les colères injustifiées apparaissent pour un oui pour un non, accompagnées de maux dans tout le corps, signes d’un malaise à présent évident.


Du reste, il y a eu cette douleur étrange dans un œil, lors du vol d’observation que j’ai dû effectuer avant mon tout premier vol comme copilote. Un signe ? J’étais entrée dans le cockpit pour observer, puisque c’était mon devoir. Et comme si le soleil avait lancé une épée dans mon œil droit, perçant le bord de mes Rayban, une douleur aiguë s’est allumée dans ma tête, qui a persisté durant tout le vol. Paniquée à l’idée de rater mon début sur Boeing, je n’ai rien dit à personne et, à mon grand soulagement, cela ne s’est guère reproduit par la suite, ou alors bien plus tard…


À cette époque, fin1998, j’ai des tensions partout dans le dos, surtout dans la nuque. Je vais voir un ostéopathe très compétent qui me dit qu’il ne peut rien faire tant je suis tendue : « Il faudrait surtout que vous vous détendiez », me dit-il. Que je me détende ? Je le regarde abasourdie comme s’il me parlait chinois. Qu’est-ce que ça veut dire se détendre ? À l’instar de la modération, la détente ne fait pas partie de mon vocabulaire, encore moins de ma vie. Pourtant, lorsque je suis au simu à Melbourne et que je ne peux plus tenir le manche tant j’ai mal, je commence à imaginer ce que la détente pourrait apporter.


L’ostéopathe m’envoie chez une jeune kinésithérapeute, Mireille, qui pratique une méthode spéciale dite Mézière. Nous sympathisons rapidement et son visage flamboyant de soleil me montre la réalité :
« Regarde-toi dans ce miroir, tu ne remarques rien ?
– Hum… ma foi… »


Tout décoré de tentures bleu turquoise à l’image du ciel tropical, le cabinet de Mireille est bien agréable, des senteurs de crèmes et d’encens orientaux baignent la place, la flamme d’une bougie anime le coin où est tendu un paravent de bambou. Et par les fenêtres, les bougainvilliers d’un rose éclatant grimpent jusqu’à l’étage, s’accrochent aux montants comme s’ils voulaient entrer boire le thé avec nous. D’ailleurs j’aimerais mieux boire un thé au jasmin que regarder dans cette glace, le reflet de mon corps tendu.


" Ben non, je vois rien ! Bon, je suis pas bien droite oui, c’est vrai, mais quoi…
– Regarde ton épaule droite, et puis ton épaule gauche, tu ne vois rien ?
– Ah mais oui, tu as raison…
– Tu vois c’est net, ton épaule droite est musclée et gonflée comme le bras de Popeye tu ne trouves pas ?
– Tandis que le bras gauche est fluet comme les cannes d’Olive !
– Exactement…
– Ben dis donc… Mais comment se fait-il ?... soudain je prends peur  devant l’évidence…
– Tu m’as bien dit que tu pratiquais beaucoup de sport ?
– Hum, oui, c’est vrai, la gym aérobic, la natation, le vélo, la course, j’ai même préparé un marathon il y a deux ans, en Guyane…
– Et ?
– Ben… J’ai du déclarer forfait à quinze jours de la course, blessure. »
J’avoue toute penaude ce qui resta pour moi un échec cuisant et une grosse déception, quoi que simplement le résultat de mon inconscience…
« Bon mais et alors ? C’est loin tout ça, c’était il y a deux ans !
– Tu sais Mirabelle, le corps garde la mémoire des blessures…
– Oui, bon, je veux bien, j’y ai été trop fort, d’accord, je sais pas modérer moi, mais en tous cas je vois pas ce que la course vient faire avec mes épaules décalées !
– Je ne dis pas que le rapport est direct, mais tu sais, dans le corps, tout est lié : imagine ta colonne vertébrale comme le mât d’un grand voilier, tu vois ? Et tes bras, tes jambes, avec toutes les articulations, tendons muscles et tout, seraient comme le gréement, avec les voiles, haubans, vergues, cordages et tout, tu vois ?
Ah l’image est claire, même si je n’y connais rien en voile ; je comprends que lorsqu’une voile se déchire, ou un hauban ou quoi, l’équilibre se dérègle, entraînant dans un mouvement incertain le reste du gréement, peut-être jusqu’au faîte du mât qui s’efforce de maintenir l’édifice debout ; je vois même l’équipage affairé aux cordages, bordant les écoutes par ici, choquant par là… C’est limpide…

« Le corps compense en fait, c’est ça ?
– Exactement ! Si tu te foules la cheville, tu ne vas pas rester allongée jusqu’à ce que ça guérisse, tu continues à marcher, mais en boitillant, et durant ce temps, le corps compense pour continuer à assurer son job. Alors si ça ne dure que quelques jours ou semaines, tout baigne, mais je ne suis pas sûre que ça soit ton cas… »
Je baisse la tête, confuse d’avoir été à ce point inconsciente…
« Pourtant mes amies m’avaient mise en garde tu sais ! « Tu approches quarante ans… qu’elles disaient… à cet âge le corps ne réagit pas comme avant, tu devrais te modérer »… Tu parles, me modérer, moi ? Je ne sais pas faire.
– Et ton entraîneur non plus ne voulait pas t’entraîner…
– Ben non… C’est moi qui l’ai poussé à accepter ! Mais tu sais, en quittant la Guyane, j’ai reçu un message de sagesse : j’allais souvent voir un grand arbre, un Fromager immense, sur la colline de Matoury, un arbre sacré des Indiens d’Amazonie. Et bien en quittant la Guyane, j’avais tellement mal dans mon cœur, que j’ai pris son tronc dans mes bras, enfin c’est plutôt lui qui m’a prise dans ses « bras » car je faisais même pas le tour… »
Mireille écoute attentivement mon récit tandis que des larmes perlent au bord de mes yeux au souvenir de ce moment fabuleux.
« J’étais tellement triste, tu sais, mes amours déchirés, cette solitude qui me colle, et j’allais quitter ce pays que j’aimais, alors j’ai demandé à Ceiba pentandra (c’était son nom) « mais qu’est-ce que je dois faire ? Dis-moi !» J’étais éplorée, en larmes, désespérée. Et là, contre l’écorce rugueuse, j’ai entendu l’arbre chuchoter : « Modère »….
– Modère ?
– Oui, « Modère » c’est tout ce qu’il a dit, mais j’ai immédiatement compris. Je suis comme une fusée qui peut jamais s’arrêter. Et j’ai besoin de me modérer. J’ai compris, et par-dessus tout, j’ai été subjuguée que l’arbre m’ait parlé. À moi, petite pilote de brousse de rien du tout...
– Et tu as quitté la Guyane, et tu as passé tes licences pour piloter un Boeing, et à présent tu es là en Calédonie…
– Et je ne sais toujours pas me modérer… Tu vois bien, après un an sans sports, j’ai déjà repris à fond vélo, gym et tout…
– Dans les avions ça se passe comment ?
– Ah ça j’adore tu sais, c’est tellement enivrant ! Voler sur Boeing, je n’aurais jamais cru que ça me plairait, moi j’aime tellement piloter, je veux dire, piloter pour de vrai, tenir le manche, faire des approches à la main et tout. Et bien figure-toi que même sur le Boeing c’est possible ! C’est un avion qui se pilote vraiment, et dans le réseau Air Calin, nous allons sur des pistes… ah je te dis pas, comme quand j’étais pilote de brousse en Guyane ! Des pistes aux approches délicates, il faut calculer des descentes, glisser le long des reliefs, adopter des trajectoires bizarroïdes en évitant les tourbillons pour poser les roues de notre avion sur une bande de bitume longue de mille mètres, calée sur un bout de terre entre montagnes et océan. C’est fabuleux tu sais !
– Je peux à peine imaginer ! Mais ceci dit, tout cela doit causer beaucoup de stress dans les épaules, c’est une zone où nous emmagasinons les tensions quotidiennes et si nous ne détendons jamais notre corps, et bien il se crispe, et en se crispant, il se déforme, car il doit « compenser » pour continuer…
– D’où Popeye et Olive…
– D’où Popeye et Olive… »


Les yeux verts de Mireille plongent affectueusement dans les miens dont j’essuie doucement les larmes. Elle est belle Mireille, toute fluette dans sa robe à fleurs sans manche, ses taches de rousseur sourient avec les fossettes de ses joues tandis que ses cheveux résolument roux brillent du soleil de midi. Midi ? Ouh, avec tout ça le temps passe et je devrais partir mais quelque chose me retient. Que vais-je devenir avec un bras en acier, l’autre en caoutchouc et des douleurs de partout ? Comme si elle entendait ma détresse silencieuse, Mireille répond doucement :


« Il y a quelque chose que tu peux faire…
– Ah oui ? Je t’écoute !
–  Du yoga.
– Quoi ? Du yoga ? Ah non alors ! Dormir sur des tapis ? Rester assise sans rien faire ? Ah non, pas du yoga ! »
Ses sourcils se froncent imperceptiblement, découvrant le doux sillon d’une ride à peine ébauchée sur son front. Son visage brille et respire la bienveillance…
« Tu sais, le yoga a complètement guéri les douleurs de nuque de mon mari, vraiment tu devrais essayer !
– C’est vrai ? Tu crois ?
– Pourquoi je te dirais ça si ça n’était pas vrai ?
– Oui, pardon, tu as raison, je suis toute tourneboulée tu sais… Je t’ai dit beaucoup de choses, je n’ai pas l’habitude…
– Je comprends. Justement, parler t’a permis de lâcher un peu de cette tension qui t’habite. Va, essaie le yoga, ça ne coûte rien que le prix d’une séance et qui sait… Tu pourrais y trouver un grand réconfort sans avoir besoin de pommades ou de pilules !
– Top là Mireille ! Tu as raison, je ne risque rien à essayer… »


C’est gonflée d’une joie toute nouvelle que je quitte le cabinet de Mireille. Il est une heure tapante. Elle m’a fait faire quelques mouvements et pour finir, nous avons bu… un thé au jasmin !

« Voici l’adresse, le téléphone et le nom du prof, je crois que c’est tous les lundis, tu peux appeler aujourd’hui et commencer la semaine prochaine !
– Super ! Mireille tu es un ange, mille mercis, je te tiens au courant ! »


La leçon du lundi s’avère formidable. Cours de yoga Iyengar. Inconnu au bataillon. Des outils partout, planches, briques, cordes, auxquels nous accrochons tantôt les jambes, tantôt le buste, ou même la tête et restons de longues minutes à respirer... Que de sensations épatantes ! Il semble qu’une porte s’ouvre sur un monde de perceptions non encore exploré d’une profondeur inconnue. Je deviens immédiatement élève assidue, sans me douter de l’ampleur des transformations qui s’annoncent…

 

 

 

Autobiographie d'une pilote non ordinaire

Avec l'aimable autorisation de Mirabelle Forsythia

 

 

 

 

 

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