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Hindouisme et Yoga: Mort et Réincarnation

29 octobre 2014

Hindouisme et Yoga: Mort et Réincarnation

"Observer la naissance et la mort des êtres vivants, c'est observer les mouvements d'une danse frénétique. Le temps d'une vie ne dépasse pas le temps d'un éclair dans le ciel, c'est comme une cascade de lumière qui jaillit de la montagne." Gautama Bouddha

"Observer la naissance et la mort des êtres vivants, c'est observer les mouvements d'une danse frénétique. Le temps d'une vie ne dépasse pas le temps d'un éclair dans le ciel, c'est comme une cascade de lumière qui jaillit de la montagne." Gautama Bouddha



 

Qu'est-ce qui détermine notre retour dans ce monde? Les bonnes (punya) et les mauvaises (papâ) actions accumulées dans nos vies antérieures. Celles que nous accomplissons dans cette vie sont appelées âgâmî. Elles porteront leurs fruits doux et amers dans les vies à venir. Quand à ce que nous expérimentons, jour après jour, c'est le prarabdha karma, l'ensemble, la totalité de nos actions qui ont déterminé la naissance actuelle.

 

Pour les hindous, assurer après cette vie-ci, à défaut de l'union définitive avec l'être suprême, le Brahman, une bonne renaissance, est primordial. La théorie que l'on appelle Punarjanma et selon laquelle l'âme de chaque individu s'incarne de nouveau après la mort, est bien ancrée depuis des millénaires, dans la conscience de centaines de millions de personnes en Inde. Lorsque l'âme individuelle (jîvâtman) quitte le corps charnel au moment de la mort, elle est accompagnée des Upâdhi. Les Upâdhi forment quatre groupes: l'esprit et les cinq sens ; les cinq souffles (prâna) ; le corps subtil (sûkshmasharîra) et les actions accumulées. Ces quatre entités accompagnent l'âme du défunt. Si l'âme individuelle s'unit immédiatement au Brahman et réalise ainsi la libération définitive (Moksha), les Upâdhi bien evidemment cessent de l'accompagner.

 

 

Au sortir du corps, c'est le souffle vital (udâna) qui guide l'âme individuelle. Le corps subtil (sûkshmasharîra) qui distribue la chaleur à l'ensemble du corps charnel s'étant retiré, le corps devient froid et ce n'est plus qu'un cadavre qu'il faut, soit brûler dans les plus brefs délais, soit au contraire conserver pour lui élever un mémorial, dans le cas assez rare de très grands saints.

 

Les actions individuelles qui détermineront la naissance suivante sont rangées sous une triple classification: l'âme de celui qui a mené une vie conforme à la Loi cosmique va au monde de la Lune (Candraloka) où elle jouit du fruit de ses bonnes actions, avant de retourner sur terre prendre une nouvelle enveloppe corporelle. "Elle effectue la redescente par le truchement de l'air, du nuage et de la pluie qui féconde la terre d'où jailliront en leur temps, le blé, le riz et autres légumes qui constitueront la nourriture du corps charnel, avant de devenir pour une part du sang, puis du sperme (purushbîja) qui, lors de la caresse amoureuse, sera lancée dans le ventre (strîgarbha) de la femme qui donnera ensuite naissance à l'enfant. Les plantes sont la nourriture de l'homme et l'âme individuelle entre à son tour dans le sperme masculin". Selon ses mérites accumulés, l'âme choisira une nouvelle naissance dans un milieu familial et religieux particulier.

 

Il existe, et c'est la seconde classification, une autre voie, celle des dieux (Devayâna), réervée à ceux qui durant leur vie sur terre ont essayé de réaliser l'unité du soi individuel avec l'être suprême (Brahman-âtman). Eux aussi passent par le monde de la lune. toutefois, ils ne reviennent pas sur terre à la fin d'un cycle. Il s'agit dans leur cas d'une délivrance graduelle (kramamukti), par opposition à celle plus rare des êtres pleinement réalisés qui eux obtiennent immédiatement la délivrance dès que le corps est tombé (sadyomukti). Quand à l'âme de ceux qui n'ont pas correctement suivi les enseignements, qui n'ont pas mené une vie vie conforme à la Loi cosmique, elle n'atteint pas Candraloka et renaît dans des formes inférieures.

 

 

Lors de mon premier séjour à Rishikesh, en Inde du nord, je demandais à un moine yogi pourquoi il pratiquait la méditation et le hatha-yoga. Il n’eut pas l’air étonné et me répondit simplement qu’une vie n’est pas suffisante, pour réaliser l’ensemble de ses rêves.  Le yogi est un initié, un chaman qui œuvre avec l’énergie et les éléments qui l’entourent. Le ressac incessant des vies successives, lui ont appris à être économe de chacune de ses actions, et si il ya bien quelque chose qui le caractérise, c’est l’impeccabilité de sa gestion. On n’a pas assez d’une vie pour tout connaître. Le yogi le sait bien. La pratique du yoga donne du temps devant soi... Gardez à l'esprit toujours "on recommence à partir d'où on est arrêté"...

Relation Gourou / disciple, une expérience personnelle Kundalini-Shakti