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Natarâja, le Seigneur de la Danse

26 mars 2014

Natarâja, le Seigneur de la Danse

"L’œuvre d’art la plus célèbre de l’Inde", Rodin consigna un jour de l’automne 1913 ses réflexions devant la statue du dieu: "quel talent dans l’orgueil du corps!" Pour Malraux, le Natarâja est cet être qui "fait la roue avec ses bras comme la firent avec leurs longues traînes, les paons blancs de l’Inde qui stupéfiaient Babylone. Il danse sur tout ce qu’ont créé les hommes." Nous tenons là deux hommages majeurs d’artistes français au Grand Danseur Cosmique!

"L’œuvre d’art la plus célèbre de l’Inde", Rodin consigna un jour de l’automne 1913 ses réflexions devant la statue du dieu: "quel talent dans l’orgueil du corps!" Pour Malraux, le Natarâja est cet être qui "fait la roue avec ses bras comme la firent avec leurs longues traînes, les paons blancs de l’Inde qui stupéfiaient Babylone. Il danse sur tout ce qu’ont créé les hommes." Nous tenons là deux hommages majeurs d’artistes français au Grand Danseur Cosmique!

 

 

Au moment du déluge universel, Siva destructeur des ténèbres de l’ignorance et de la sempiternelle ronde des naissances et des morts, soudain paraît. Les sons de son tambour produisent la terreur chez les dieux et les démons. Sous les pieds du dieu, la terre s’effondre et s’engloutit au fond des eaux. L’écume des océans est projetée jusqu’au ciel, tandis-que les mouvements giratoires de ses bras décapitent les sommets, heurtent et dispersent les étoiles et les constellations ; l’espaces est fouetté par ses nattes de cheveux. Ses mains soulèvent les montagnes qui se percutent l’une contre l’autre dans un bruit effroyable ; l’ordre de l’univers tout entier est perturbé: le soleil et la lune tourbillonnent sans fin dans le ciel et les gardiens des directions de l’espace s’enfuient effrayés. Alors Siva, en un éclair, pulvérise tout ; puis seule entité vivante qui subsiste encore, Siva contrôle les cinq éléments et les rafales des vents d’apocalypse, avant de rétablir l’ordre du monde par sa danse. L’orchestre qui l’accompagne est composé des plus grands dieux: Vishnou tient le tambour, Brahmâ les cymbales, Ganesha les percussions sur coupes à eaux, Sarasvati la vinâ et Indra la flûte de bambou. Incomparable architecte, il crée de nouveau la lune, le soleil, les étoiles, les montagnes, les rivières, les îles, les océans, les êtres célestes et démoniaques, les sages et les mortels, parce qu’il faut un univers neuf pour que tous soient prospères et vivent en paix. Pour apprendre à bien regarder Natarâja, il faut d’abord, avant d’élever le regard jusqu’au visage de majesté, contempler ses deux pieds: l’un est ferme et puissant qui dompte le monstre, l’autre gracieux, infiniment souple en son effort pour s’élever. Le pied droit maîtrise le démon de l’épilepsie, Apasmâra purusha qui tourne ses regards terrifiés vers Siva.

 

 

La jambe droite est légèrement fléchie et permet à la jambe gauche de prendre son élan, le tout produisant une magnifique figure de danse. Une écharpe au noeud flottant est enroulée autour de son abdomen, sa poitrine, ornée de bijoux et colliers, est barrée du triple cordon brâhmanique. Son bras gauche passe devant la poitrine et les doigts de la main montrent l’extrémité du pied gauche levé. Le symbole est évident, il indique au dévot qu’il faut pour obtenir les grâces du seigneur, chercher refuge près de ses pieds. La main droite fait le geste d’absence de crainte, le geste qui rassure (abhaya). Natarâja a deux autres bras au niveau de la tête, au niveau de ses plus secrètes pensées. La main gauche supérieure brandit une flamme, la droite un petit tambour (damaru). L’oreille de Siva est attentive aux sons qu’il émet à la fin de sa danse, neuf et cinq fois, créant ainsi les quatorze aphorismes de base de la grammaire sanskrite.

 

 

L’image de Natarâja rassemble en elle les deux aspects, mâle et femelle du divin. Les ornements d’oreille sont masculins à droite et féminins à gauche. Le vrai sens de l’image apparaît, Siva, seigneur de la danse, est hermaphrodite: en lui les contraires sont confondus. Ses yeux sont ouverts mais ils regardent vers l’intérieur, rejetant la souillure et l’impureté du monde. A l’endroit de la glande pinéale, un troisième oeil est stylisé verticalement. C’est l’oeil terrible de Siva: il l’ouvrit un jour et réduisit en cendres Kâma, le dieu Amour, qui l’avait distrait de son ascèse. Le sourire très doux de Natarâja vient de ce qu’il médite sur lui-même. Un chignon s’élève au centre de sa tête comme un linga magnifiquement dressé, ses cheveux flottent à tous les vents en d’épaisses nattes noires dans lesquelles, à droite, s’est réfugiée la déesse-fleuve Ganga ; à gauche, on trouve le croissant de lune dont les rayons illuminent le visage parfaitement clair du dieu. Au centre du chignon est fichée une tête de mort, elle est là pour signaler aux humains la vérité fondamentale: l’évanescence du monde, des êtres et des choses. Des serpents se meuvent sur sa poitrine, sur ses épaules, autour de sa nuque, parfois même dans les nattes de ses cheveux. Ils nos disent que Siva est non-seulement le dieu de la grammaire, de la danse er de la musique, mais aussi le grand maître de toutes les sciences et notamment la médecine. Siva danse dans un cercle de flammes (tiruvâçi) qui symbolise le voile noir de l‘illusion, à la mâya, qu’il faut traverser pour s’unir au seigneur.

 

 

 

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