Le Blog

MonYoga.fr

Association YOG'ART

Le site de l'association YOG'ART dédié au Yoga et à la pratique du Yoga

Cours de Yoga à Vergèze avec Ayelet Girard

Centre socio-culturel Marcel Pagnol, 99 rue Marcel Pagnol Vergèze 04 66 35 32 92

Relation Gourou / disciple, une expérience personnelle

02 avril 2015

Relation Gourou / disciple, une expérience personnelle

Malgré une vie totalement itinérante, sans base fixe, un métier de pilote de ligne imposant des rythmes de vie complètement irréguliers, je trouvais toujours un cours de yoga et le temps pour pratiquer, apprendre, m'imbiber , m'imprégner de ce que je sentais déjà comme la Sagesse...

 

A propos de la relation Guru- Disciple, expérience personnelle.

 

Je suis arrivée au yoga presque par accident, si l'on peut dire cela, lorsque, la quarantaine approchant, toutes les articulations de mon corps me faisaient souffrir et qu'après avoir fait moulte sports en tous genres, je ne pouvais même plus nager...
Une kinésithérapeuthe un peu large d'esprit me conseilla alors amicalement mais fermement d'essayer cette discipline qui avait, disait-elle, soulagé grandement les douleurs de dos de son mari.


Auparavant, plus d'une fois dans ma vie j'avais croisé soit un livre, une phrase, soit même un lieu de yoga, mais, de voir ces gens immobiles rester assis à ne rien faire, ou bien couchés dans une position qui en plus s'appelait le « cadavre »...  « ah non alors !! pas pour moi ! » me disais-je à chaque fois, rejetant de toutes forces cette occupation futile...


Malgré cette aversion puissante pourtant je me présentais à la classe de yoga Iyengar à Nouméa en 1998. Et à peine bredouillais-je quelques postures que je comprenais à quel point j'avais en fait réellement besoin du yoga pour mon corps.
En plus, il semblait que cette pratique hors de l'ordinaire, avec son côté exotique, pourrait bien être ce que je cherchais depuis toujours, sans vraiment le savoir ???

Cette première impression, loin d'être démentie, n'a fait que se renforcer et s'embellir, et rapidement je ne pouvais plus me passer du yoga.


Malgré une vie totalement itinérante, sans base fixe, un métier de pilote de ligne imposant des rythmes de vie complètement irréguliers, je trouvais toujours un cours de yoga et le temps pour pratiquer, apprendre, m'imbiber , m'imprégner de ce que je sentais déjà comme la Sagesse immmémoriale.

Dans les centres traversés, je voyais bien des photos de « Maîtres Spirituels » (Guru), certains très beaux, inspirants, reposants, et j'entendais vaguement parler de ces êtres apparemment hors du commun... mais bon, çà s'arrêtait là.
Il était pour moi hors de question de donner ma vie (mon âme ?) à un de ces êtres, aussi fantastiques soient-t-ils.
Je me sentais -- bien qu'en totale confusion-conflits internes -- tout à fait capable de gérer ma vie toute seule, çà oui.

 

Une fois même, en Belgique, à la fin d'un cours, j'entends une jeune Belge qui revenait d'Inde et racontait son voyage...
« -- Ah quel bonheur, à présent j'ai rencontré mon guru, je vais repartir en Inde servir mon guru, de toutes façons, je n'ai plus que çà à faire, servir mon guru.. »
Nous étions dans le vestiaire et à entendre ces mots, j'ai senti une puissante vague de répulsion (en fait de terreur !) en moi qui m'a fait prendre mes habits en quatrième vitesse, mes clics et mes clacs et pour finir la poudre d'escampette ... fuir le plus loin possible de cette fille maudite qui va vendre son âme à un guru indien !!
« Loin de moi ! satanas ! » pensais-je tout bas...

 

Heureusement ces craintes n'ont pas entravé ma pratique du yoga qui est devenue rapidement plus que quotidienne, intense, avec travail intérieur décapant au karcher les mécanismes de l'illusion.

Et bientôt je me retrouvais en Australie avec la ferme intention de m'y établir car c'était mon rêve depuis toujours.
Tout en y organisant ma vie professionnelle, passage des licences Australiennes, dossier pour l'immigration, recherche d'emploi etc... je trouve rapidement un centre de yoga où je vais me rendre assidûment.


C'est un centre Satyananda et après de multiples autres types de yoga pratiqués, celui-là semble me convenir comme un gant.
Aussi lorsque je vois une affiche présentant la venue d'un Swami Indien en séminaires, vers Melbourne, puis vers Sydney, mon hésitation n'est pas longue, je m'inscris aux deux séminaires afin d'écouter ce swami au regard droit et profond, parler de ce yoga qui me fascine de plus en plus.

 

Ainsi, mûe par une invisible et silencieuse force -- jusque là totalement insoupçonnée de moi-- je me retrouve un jour de Printemps 2001 dans les collines de Melbourne, Australie, à l'autre bout de la planète, dans un vrai ashram avec des gens en orange à la tête rasée partout, et ô surprise, je me sens extraordinairement bien.

 

Et lorque la venue du swami est annoncée, et que je vais me retrouver à quelques mètres de lui, alors toute pensée rationnelle explose...

Car si mon corps physique reste immobile, comme cloué sur place, collé sur le sol par les pieds, je vois un « autre moi », un autre corps, courir vers le swami et se projeter à ses pieds, se prosterner à ses pieds.
Tout cela se passe en un éclair.


Le swami m'a vue et me fixe de ses yeux profonds, je me sens transpercée.
Je suis toujours immobile, « témoin » de tout cela, sans aucune pensée en moi. Sauf une attitude qui déjà s'élève :
« J'ai trouvé mon Guru »

Sans avoir jamais cherché, et pire, sans jamais avoir voulu trouver un guru, voilà que je me retrouve en face de mon Guru.
Je le sais comme si je le savais depuis toujours.
C'est incroyable.

 

Les jours qui suivront seront à l'image de cette rencontre fulgurante. Sans pouvoir quitter mon Guru nouvellement re-trouvé, je le suivrai partout, partout où je pourrai, sans parler, simplement en le regardant, en buvant ses paroles, en m'imprégnant de son énergie, et de tout son être, comme d'un baume dont tout mon être avait soif.

 

Ainsi a commencé ma relation avec mon Sat Guru.


Ou plutôt devrais-je dire, ainsi à « repris » cette relation.
Car il ne fait aucun doute, vu la force d'attraction qui m'a menée jusqu'à lui sans que j'en ai le moins du monde conscience (à ce moment là  j'étais plus préoccupée à trouver un mari qu'un guru !!) que cette relation au Guru avait déjà été initiée dans une incarnation précédente.
Et tout naturellement, les âmes retrouvées, les âmes aimantées à nouveau unies dans le plan manifesté, se reconnaissent et savent.

Ainsi, et sans qu'aucune compréhension intellectuelle n'ai pris place, sans qu'aucun plan de recherche d'un guru n'ait pris place, le disciple a retrouvé son Sat Guru.
Car cette relation se place sur un autre plan.
Çà n'est ni le plan physique, ni le plan émotionnel, ni le plan mental, intellectuel, ni même le plan psychique, non.
La relation Guru disciple est une relation entre deux âmes.
Alors, tout se passe à un niveau extrêmement subtil, dans le silence des âmes, un domaine que d'ordinaire nous ne percevons pas, mais que les Maîtres Spirituels, eux connaissent.

 

Où sont parties mes aversions ? mes frayeurs ? mes terreurs ?
Elles ne sont pas parties d'un coup, non...
Malgré la fulgurante découverte et totale acceptation de mon Guru par les initiations successives de mantra diksha, jignasu, puis karma sannyasin, malgré un total et absolu désir de « surrender to Guru », les peurs ont dû être nettoyées au fil des années, grâce au travail intérieur, grâce au Guru.

Ainsi la relation Guru - disciple se renforçait-elle au fur et à mesure que les peurs se dissolvaient.
Peurs dont je comprenais que la seule origine était l'ignorance, avidya.


Le Guru, « celui qui dissipe les ténèbres » apporte par conséquent la Lumière, éclaire la réalité des choses, apporte la Vraie Connaissance, Vidya, et ouvre le chemin vers notre vraie nature.

Car c'est là un sujet bien souvent évoqué en Occident, sujet de controverse et de fausses interprétations. Nous ne connaissons pas notre vraie nature. Nous nous croyons libres de choisir, grâce à ce que nous appelons le « libre arbitre ». Et en fait nous ne faisons que fonctionner selon une programmation élaborée et accumulée depuis notre naissance et bien avant.
Nous nous croyons libres alors que nous sommes enchaînés aux limitations de notre mental étriqué, formatté, borné, qui ne sait pas voir au delà de lui-même, de par sa nature même.
Ainsi, notre « libre choix » est-il en fait seulement un « choix réactif », conséquence des karmas accumulés, des fonctionnements et conditionnements élaborés au cours de nos  vies.
Est-ce cela la liberté ?

La vraie liberté , c'est celle qui existe au delà des limitations du mental, lorsque, ayant compris que

 

« je ne suis pas ce corps,
« je ne suis pas ces émotions
« je ne suis pas ces pensées
.........
je suis Atma,
l'âme...... »


l'on peut enfin s'unir à sa vraie nature, Atma, l'âme, enfin retrouvée.

 

 

Alors la vie n'est plus une suite d'actions réactives conditionnées, mais devient une Création épanouie, celle de l'âme individuelle, en accord avec l'Âme universelle.


Ainsi c'est à cela que peut mener la relation « Guru Disciple » lorsqu'elle est vécue avec totale sincérité de part et d'autre, avec foi et confiance, et aussi persévérance dans les pratiques, observation de la discipline yoguique du côté du disciple.

 

À noter justement que le mot « discipline » si souvent négativement connoté dans notre environnement occidental d'éducation hiérarchique à autorité trop souvent mal placée, fait référence, dans le contexte spirituel, à ce mode de vie suivi par le disciple, et destiné à son évolution spirituelle. Ainsi la « discipline du disciple yogi » n'a jamais eu aucune intention de blâme, répression, punition, qui sont l'apanage de ce qu'est devenue la discipline en occident...

Et sans cette discipline spirituelle yoguique, point d'évolution spirituelle, car c'est précisément cette discipline qui permettra à l'aspirant d'aller au delà des limitations du mental, c'est cette même discipline qui lui permettra de comprendre le fonctionnement limité, réactif et basique du mental : binaire 1 - 0 / j'aime - j'aime pas.


Et c'est cette même discipline qui permet au final, l'union à notre vraie nature.

Mais là encore, discipline ne veut pas dire « obéissance aveugle aux ordres du guru » comme on l'imagine trop souvent.


A ce propos, une brillante anecdote illustrant ô combien clairement où mène cette relation magnifique du disciple à son Sat Guru, grâce à la « discipline spirituelle » que l'on peut définir comme étant « l'art d'être un disciple »...

C'était dans un centre près de Sydney, où en 2001 juste après ma rencontre avec mon guru, j'avais été subjuguée par l'attitude d'une femme swami Australienne durant un satsang.

Swami N. mon guru était assis, entouré d'autres swamis, dont cette femme, grande et belle, swami Yk.
Depuis l'assistance, nous, des questions étaient lues, auxquelles, tour à tour, soit swami N., soit les autres swamis répondaient. C'était swami N. qui demandait aux uns ou aux autres de répondre, ou bien décidait de répondre lui même.

Et puis une question arrive, quelque chose sur la situation globale mondiale ayant à voir avec les dirigeants des états des pays... Question à laquelle Swami N. répond amplement.


Je n'ai plus guère souvenir du contenu de ces questions et réponses car pour moi l'important est bien ailleurs, comme on va le voir.

Une fois la réponse de swami N. à cette questions terminée, une autre question est lue et swami N. alors demande à swami Yk de bien vouloir répondre à cette nouvelle question.

Alors voici ce qui se passe - tout cela en un éclair :

Swami Yk prend la parole et dit :

« -- bien, si vous permettez, avant de répondre à cette question, j'aimerais ajouter quelque chose concernant la question précédente...... »

 

Elle a à peine le temps de finir sa phrase que swami N. sur un ton très péremptoire, et avec un visage devenu soudain très dur, va l'interrompre brutalement et sévèrement en disant :

« -- Non, swami Yk, vous êtes priée de vous en tenir à la questions qui vous est posée. »


Le ton est proche de la colère.
Une vibration étrange se répand sur toute l'assistance.
Je suis très impressionnée.
Toute l'assistance aussi, l'atmosphère est devenue soudain très tendue et calme, d'un calme d'avant tempête.
Que va-t-il se passer ?
Je me sens triste pour cette swami qui vient de se faire passer un savon devant un si grand public par notre guru, alors qu'elle voulait juste ajouter son opinion sur une question... était-ce vraiment si grave ??
Pourquoi guru s'est il mis dans une telle colère ?? parler durement à une swami ici sur l'estrade devant une si grande assemblée, bon sang, c'est vraiment dur, çà me semble vraiment injuste...

Quelques secondes seulement ont passé, swami Yk a fait une légère pause, accusant le coup, mais ne se laissant pas pour autant dépasser, on a senti un léger « step back », comme si elle prenait un léger recul, et puis, après une petite respiration, elle parle :

« -- très bien, alors effectivement, .... »

Et là, encore une fois je ne me rappelle pas du contenu, mais de la forme des paroles de swami Yk.
Car elle va réussir un tour de magie, en répondant parfaitement à la question à laquelle Swami N. lui a demandé de répondre, tout en intégrant dans sa réponse, et sans que cela sorte du sujet, sa propre remarque ( fort intéressante) celle-là même qu'elle voulait ajouter et qui concernait la question précédente.
Ses paroles sont pesées et posées, lentes et sûres, son visage est ferme et serein, elle est confiante, et suit sa voie intérieure. On le sent très fort.


Et Guru le voit et comprend instantanément que swami Yk a parfaitement déjoué le « piège » tendu par son Guru.....
Il éclate de rire alors, et applaudit vivement à cette intervention magistrale... en disant de plus :
« -- ah bravo Yk !
Et en nous regardant à nouveau :
-- vous voyez, c'est cela le résultat de l'enseignement en ashram !! »

 

Toute l'assistance aussi éclate de rire, semble soulagée que swami Yk ait su tourner ce piège en démonstration de confiance et d'assurance...

Et je comprends alors que malgré le ton péremptoire et coléreux du guru, malgré la présence de plus de cinq cents spectateurs devant elle,  swami Yk a su « braver » l'instruction du Guru en allant contre la demande, tout en la remplissant pourtant, en suivant son « guru intérieur », sa vraie intuition, sans colère aucune, sans émotion aucune, avec justesse et sagesse, sachant clairement que son intuition serait juste.... ce qui est évident puisque c'est la définition de l'intuition !

 

C'est cela l'éducation spirituelle.
C'est à cela que Guru « joue » avec nous.
Et c'est à cela que mène le « surrender ».
Car surrender ne veut pas dire obéir aveuglement à tout ce que nous dit notre guru.
Swami Yk nous en a donné une preuve flagrante et vivante. Et il y en a d'autres.
Surrender passe par une étape d'obéissance, oui, mais ouvre ensuite sur cette liberté, la liberté du vrai « libre arbitre », lorsque VIVEKA es installé, et que l'on sait exactement faire la part du juste et du non juste, tout comme le Cygne qui sait séparer l'eau du lait.
C'est à cela que mène le surrender.
C'est à cela que mène la « discipline spirituelle ».
C'est à cela que mène la relation Guru - disciple.
La sagesse, et la liberté. Vraies.

 

Isabelle Bacquenois

 

Cet article a pour but d'éclairer quelque peu, si cela est possible, la relation si mal  connue, si souvent mal interprétée, qui peut exister entre un vrai « Sat Guru », ou Maitre Spirituel, et un vrai disciple, « Shishya », sincère et dévoué. Car s'il est vrai que bien des « faux gurus » ont opéré et opèrent encore bien des dégâts au sein des sociétés, il est aussi vrai que des vrais Sat Gurus existent. Et avoir la chance d'être disciple d'un véritable Sat Guru est un privilège qui n'a aucun égal. N'oublions pas que le monde manifesté est le miroir de notre mental. Comme l'amour appelle l'amour, la sincérité appelle la sincérité, la vérité appelle la vérité... Hari Om Tat Sat

 

Qui est Isabelle Bacquenois?

 

Au cours d'une carrière dans l'aviation qui m'a fait voyager dans le monde entier, voler sur de nombreux types d'avion et dans de multiples conditions,j'ai rencontré le yoga, suis devenue professeur de Satyananda yoga, et finalement j'ai posé mes ailes en Turquie, au pays de Yunus Emre, des Derviches Tourneurs, et de Rumi leur fondateur. En 2008 j'ai pu commencer à créer la ferme Yunus Emre, ferme Yoguique Ecologique, vers Antalya. C'est un lieu dédié à Mère Nature, lieu de partage destiné à faire vivre l'expérience du yoga et de l'écologie yoguique, par le biais de séminaires, retraites, stages etc. En 2012 alors que la ferme commençait tout juste à être vraiment au point et à démarrer, le feu en a détruit les 80%... dont ma maison, et toutes les installations d'hébergement. Je me suis retrouvée alors sans rien, ni maison, ni lieu pour travailler, ni argent car le feu et le procès engagé à la suite ont tout englouti. Une expérience vécue le plus positivement possible avec Santosh, le contentement. Grâce au grand mouvement d'aide qui a suivi, j'ai à présent une nouvelle maison, un studio de yoga a été ouvert à Antalya, et tout doucement, la ferme reprend vie. Si vous le souhaitez, vous pouvez en savoir plus sur la renaissance de la ferme et pourquoi pas Aider la ferme vers sa reconstruction.. Comment ? Toutes les infos sur le site spécial "renaissance" http://yunusemrefarmrenaissance.eklablog.com/ 

 A la Ferme Yunus Emre on vit le yoga et l'écologie au quotidien - Toutes infos sur le site... om shanti & Yogapushpa Isabelle Fondatrice ferme Yunus Emre et Yoga Studyo Antalya  
Lieu :Ferme Yunus Emre TURQUIE
email :yunusemrefarm@yahoo.com
Site :yunusemreyogapermaculturefarm
La racine de l'Ayurvéda Hindouisme et Yoga: Mort et Réincarnation

"En pratiquant le yoga, vous acquerrez la paix de l'esprit en tout circonstance. Votre sommeil sera réparateur. Votre énergie, votre force, votre vitalité, votre longévité seront augmentées et votre santé sera excellente."